Le contrat de maintenance des sous-marins de classe Victoria a été prolongé de six ans
Ce contrat de 1,1 G$, comprend des options pour prolonger la maintenance jusqu'à la fin de vie de la flotte..
Le gouvernement du Canada a prolongé de six ans le contrat de maintenance des quatre sous-marins de la classe Victoria, attribués à l’entreprise Babcock Canada. Ce contrat, d’une valeur de 1,1 milliard de dollars, inclut des options pour maintenir ces sous-marins en service jusqu’à leur retrait prévu vers le milieu des années 2030. Ces navires, âgés d’environ 40 ans, sont en cours de remplacement par une nouvelle flotte de jusqu’à 12 sous-marins modernes de type 212CD, commandés à un consortium germano-norvégien. La transition entre les deux générations de sous-marins est considérée comme une période critique pour préserver les compétences industrielles et techniques du Canada.
Babcock Canada, une entreprise spécialisée dans la maintenance de navires militaires, joue un rôle central dans l’entretien des sous-marins de la classe Victoria. Elle emploie des centaines de spécialistes qui effectuent des réparations complexes, comme le remplacement de structures en acier ou de revêtements de coque, des tâches rendues difficiles par l’âge avancé des navires. Tony March, directeur de Babcock Canada, souligne que ces sous-marins, qualifiés de classe orpheline car peu utilisés ailleurs, nécessitent une expertise unique. L’entreprise collabore également avec des constructeurs navals étrangers, comme le sud-coréen Hanwha, pour préparer la maintenance de la future flotte canadienne.
Tony March explique que la transition entre les sous-marins de la classe Victoria et ceux de type 212CD représente un défi majeur, comparable à celui des années 1990-2000 lors du passage de la classe Oberon à la classe Victoria. Cette période a révélé des lacunes en termes de capacités industrielles et de compétences. Le gouvernement canadien souhaite éviter une répétition de cette situation en maintenant une continuité dans la main-d’œuvre et les savoir-faire. La prolongation du contrat avec Babcock Canada contribue à cet objectif en assurant la préservation des expertises techniques jusqu’à l’arrivée des nouveaux sous-marins.
Le premier ministre Mark Carney a annoncé que le Canada avait choisi un consortium germano-norvégien, mené par l’entreprise allemande TKMS, pour fournir jusqu’à quatre sous-marins de type 212CD d’ici 2034. Ottawa prévoit de négocier le contrat final d’ici fin 2027. Ce modèle de sous-marin, moderne et conventionnel (non nucléaire), sera équipé de systèmes avancés. Le gouvernement souhaite également mettre en place un programme national de maintenance pour cette future flotte, et Babcock Canada s’est dite prête à y participer. Les sous-marins, parmi les équipements les plus complexes gérés par l’État, nécessitent un entretien rigoureux pour garantir leur sécurité et leur efficacité.
Les sous-marins de la classe Victoria, acquis par le Canada dans les années 1990, sont des navires britanniques de type *Upholder*, modifiés pour répondre aux besoins de la *Marine royale canadienne*. Leur âge avancé (près de 40 ans) rend leur maintenance coûteuse et complexe, notamment en raison de l’obsolescence de certaines pièces. L’exercice naval *Rim of the Pacific*, auquel participe actuellement le sous-marin NCSM Corner Brook, illustre l’engagement du Canada à maintenir ses capacités opérationnelles malgré le vieillissement de sa flotte. Cette situation met en lumière les défis logistiques et industriels liés à la gestion d’une flotte vieillissante en attendant l’arrivée de nouveaux navires.

