Financement participatif : l’AMF appelle à renforcer l’évaluation des investisseurs et l’information sur les risques
Financement participatif : l’AMF appelle à renforcer l’évaluation des investisseurs et l’information sur les risques Banque et finance.
L’Autorité des Marchés Financiers (AMF), un régulateur français chargé de superviser les marchés financiers et de protéger les investisseurs, a mené entre 2023 et 2025 des contrôles dits « SPOT » (Supervision des Pratiques Opérationnelles et de Transparence) auprès de cinq plateformes de financement participatif. Ces contrôles avaient une vocation pédagogique, c’est-à-dire qu’ils visaient à évaluer les pratiques des plateformes pour identifier d’éventuelles lacunes et les aider à s’améliorer. Les inspections ont porté sur quatre axes principaux : le test des connaissances des investisseurs, leur capacité à supporter des pertes financières, la qualité de l’information fournie sur les offres, ainsi que le traitement des réclamations et le contrôle interne des plateformes. Les résultats détaillés concernent uniquement les deux premiers axes, révélant des insuffisances dans la protection des investisseurs.
L’un des axes d’évaluation portait sur le test de connaissance des investisseurs, c’est-à-dire leur capacité à comprendre les risques liés aux projets proposés sur les plateformes de financement participatif. L’AMF a constaté que certaines plateformes ne vérifiaient pas suffisamment si les investisseurs maîtrisaient les enjeux financiers des projets avant d’y participer. Par exemple, les investisseurs pouvaient être incités à investir dans des projets sans avoir pleinement conscience des risques de perte en capital, notamment dans des secteurs comme l’immobilier ou les startups. L’autre axe concernait la simulation de la capacité à supporter des pertes, où l’AMF a relevé que certaines plateformes ne demandaient pas systématiquement aux investisseurs de prouver qu’ils pouvaient se permettre de perdre tout ou partie de leur mise. Ces lacunes exposent les investisseurs à des risques financiers qu’ils pourraient sous-estimer.
L’AMF a également pointé des insuffisances dans l’information fournie aux investisseurs sur les risques associés aux projets financés via les plateformes de financement participatif. Les contrôles ont révélé que certaines plateformes ne communiquaient pas de manière suffisamment claire ou complète sur les dangers potentiels, comme la possibilité de ne pas récupérer son investissement ou de subir des pertes importantes. Par exemple, les informations sur la rentabilité attendue, les échéances de remboursement ou les garanties proposées étaient parfois incomplètes ou difficiles à comprendre. Ces manquements peuvent induire en erreur les investisseurs, qui pourraient prendre des décisions financières basées sur des données incomplètes ou trompeuses.
L’AMF, en tant qu’autorité de régulation, a pour mission de veiller à la protection des investisseurs et à la stabilité des marchés financiers. Après avoir identifié ces lacunes lors de ses contrôles entre 2023 et 2025, elle appelle à un **renforcement de l’évaluation des investisseurs** et à une **amélioration de l’information sur les risques**. L’objectif est de s’assurer que les plateformes de financement participatif adoptent des pratiques plus rigoureuses, notamment en vérifiant systématiquement les connaissances et la capacité financière des investisseurs avant de les autoriser à participer à des projets. L’AMF pourrait également imposer des sanctions ou des recommandations pour corriger ces pratiques, bien que cela ne soit pas détaillé dans l’article.

