Le Collège de France, laboratoire intellectuel de Michel Foucault / La CPI face aux attaques de Trump / Michel Foucault
Né le 15 octobre 1926 à Poitiers, Michel Foucault est l’un des plus grands philosophes français du XXème siècle. Reconnu, lu et étudié dans le monde entier, ses analyses de la folie, de la sexualité, de la vérité et de la surveillance ont marqué l’histoire de la philosophie.
Michel Foucault, né le 15 octobre 1926 à Poitiers, est considéré comme l’un des plus grands philosophes français du XXe siècle. Ses travaux, reconnus mondialement, ont profondément marqué des domaines comme la philosophie, la sociologie, l’histoire et les sciences politiques. Foucault a notamment analysé des concepts complexes tels que la folie, la sexualité, la vérité et les mécanismes de surveillance dans les sociétés modernes. Ses idées, souvent qualifiées de révolutionnaires, continuent d’influencer les débats intellectuels contemporains. Pour célébrer le centenaire de sa naissance, plusieurs chercheurs et institutions organisent des événements et des publications, dont une exposition au Collège de France intitulée « Foucault, une aventure intellectuelle au Collège de France », ainsi que des ouvrages comme « La puissance Foucault » (Seuil, octobre 2026) ou « Iran, quand la terre tremble. Reportages 1978-1979 » (Gallimard, septembre 2026).
Le Collège de France, institution parisienne fondée en 1530, est un lieu unique où des chercheurs de renom dispensent des cours accessibles à tous, sans condition de diplôme. Michel Foucault y a enseigné de 1970 jusqu’à sa mort en 1984, faisant de cette institution un laboratoire intellectuel où il a développé une partie majeure de sa pensée. Selon Aurèle Methivier, doctorant en philosophie et commissaire de l’exposition dédiée à Foucault, le Collège de France a joué un rôle clé dans la diffusion de ses idées, en offrant un espace libre de contraintes académiques traditionnelles. Foucault y a notamment exploré des thèmes comme le pouvoir, la discipline et la biopolitique, des concepts qui ont ensuite influencé des domaines variés, de la médecine à la politique. L’exposition « Foucault, une aventure intellectuelle au Collège de France » met en lumière cette relation symbiotique entre le philosophe et l’institution.
La Cour pénale internationale (CPI), basée à La Haye aux Pays-Bas, est une institution judiciaire permanente chargée de juger les crimes les plus graves, comme le génocide, les crimes contre l’humanité ou les crimes de guerre. Créée en 2002, elle est souvent perçue comme un symbole de la justice internationale, bien que son autorité soit parfois contestée. Depuis 2026, la CPI fait face à des attaques répétées de la part de Donald Trump, alors président des États-Unis, qui remet en cause sa légitimité et son impartialité. Ces critiques, analysées par Milena Jaksic, sociologue au CNRS et auteure de « Juger malgré tout. Une ethnographie de la Cour pénale internationale » (CNRS éditions, 2026), soulèvent des questions sur l’avenir de cette institution. Les États-Unis, bien que signataires du traité fondateur de la CPI, n’ont jamais ratifié son statut, et les menaces de Trump pourraient affaiblir davantage son rôle sur la scène internationale. La CPI doit aujourd’hui naviguer entre les pressions politiques et sa mission originelle de protection des droits humains.
En 1978-1979, Michel Foucault s’est rendu en Iran pour couvrir la révolution islamique et ses conséquences. Ses reportages, publiés dans le journal italien Corriere della Sera, ont marqué les esprits par leur analyse des dynamiques politiques et sociales de l’époque. Chowra Makaremi, anthropologue franco-iranienne et co-éditrice de « Iran, quand la terre tremble. Reportages 1978-1979 » (Gallimard, septembre 2026), souligne que ces textes offrent un éclairage unique sur la violence post-révolutionnaire et les transformations de la société iranienne. Foucault y aborde des thèmes comme le pouvoir, la résistance et la construction de la vérité, qui résonnent encore aujourd’hui avec les débats contemporains sur les régimes autoritaires et les mouvements de contestation. Ces reportages, souvent méconnus, sont désormais réédités pour marquer le centenaire de sa naissance.
À l’occasion des 100 ans de la naissance de Michel Foucault, plusieurs intellectuels contemporains revisitent son œuvre pour éclairer des enjeux actuels. Frédéric Gros, philosophe et professeur à Sciences Po, propose dans *« La puissance Foucault »* (Seuil, octobre 2026) une analyse des concepts foucaldiens appliqués à la politique moderne. Son travail, discuté lors d’un entretien dans l’émission *Les Matins*, montre comment les idées de Foucault restent pertinentes pour comprendre les mécanismes de contrôle dans les sociétés contemporaines. De son côté, Chowra Makaremi, spécialiste de l’Iran, met en lumière les liens entre la pensée de Foucault et les réalités géopolitiques actuelles, notamment les régimes autoritaires et les mouvements de résistance. Ces discussions illustrent l’actualité durable de Foucault, dont les travaux continuent de nourrir les débats sur le pouvoir, la liberté et la justice.

