“I Kissed a Girl” : la version lesbo-queer de “Love Island” s’arrête, et c’est “un crève-cœur”
La BBC a annoncé que la première téléréalité de rencontres amoureuses lesbiennes de l’histoire du Royaume-Uni, “I Kissed a Girl”, allait s’arrêter après seulement deux saisons. Ce qui fait bondir la presse progressiste britannique..
La BBC a décidé d'arrêter deux émissions de téléréalité de rencontres, I Kissed a Boy et I Kissed a Girl, après seulement deux saisons chacune. Ces programmes, diffusés sur BBC Three, étaient les premières émissions britanniques entièrement dédiées aux rencontres amoureuses homosexuelles. Leur arrêt, annoncé en juillet 2026, est justifié par des contraintes budgétaires selon la chaîne publique. I Kissed a Girl était la première téléréalité lesbienne de l'histoire du Royaume-Uni, tandis que I Kissed a Boy ciblait un public gay masculin. Ces émissions, bien que récentes, avaient déjà marqué l'audiovisuel britannique en offrant une visibilité inédite aux personnes LGBTQI+.
Les émissions I Kissed a Boy et I Kissed a Girl reprenaient le format classique des téléréalités de rencontres, popularisé par Love Island. Celui-ci consiste à enfermer des célibataires dans une maison pour observer les dynamiques amoureuses, les conflits et les étincelles entre les participants. Cependant, ces deux versions se distinguaient par leur casting entièrement composé de personnes LGBTQI+. Par exemple, I Kissed a Girl mettait en scène des femmes homosexuelles ou bisexuelles, comme Faye, qui se décrit comme une personne chaotique mais en quête d'amour, ou Renee, décrite comme audacieuse et exubérante. La présentatrice, Dannii Minogue, est une figure publique connue pour ses engagements en faveur des droits LGBTQI+ et sa carrière musicale parallèle.
Ces émissions étaient saluées pour leur rôle dans la représentation des personnes LGBTQI+ à la télévision, un domaine souvent peu exploré. Le magazine Dazed souligne que ces programmes permettaient des conversations nécessaires sur l'homosexualité, tout en s'inscrivant dans la mission de service public de la BBC. Les participantes partageaient des expériences variées, comme le fait de devoir constamment prouver son homosexualité ou de se demander si les liens tissés étaient platoniques ou romantiques. Par exemple, Elisha évoquait l'épuisement lié à cette exigence de validation, tandis que Renee, une lesbienne plus masculine, ressentait parfois un manque de reconnaissance de sa sensibilité. Ces émissions offraient ainsi un espace de visibilité et de partage d'expériences pour un public souvent marginalisé.
L'arrêt de ces émissions a suscité des réactions de déception, notamment dans la presse progressiste britannique. Le quotidien The Guardian qualifiait ces programmes de formidables et soulignait leur rôle dans la normalisation des relations homosexuelles. Faye, une participante, expliquait à la BBC que la disparition de ces émissions était inquiétante, car elles offraient aux jeunes queers des endroits sûrs pour se rassurer et se sentir moins seuls. Elle ajoutait que la suppression de ces espaces de visibilité pouvait avoir des conséquences sur la représentation des personnes LGBTQI+ dans la société. Ces émissions étaient perçues comme des outils de projection et de légitimation pour les personnes concernées.
La BBC, en tant que service public audiovisuel britannique, a pour mission de refléter la diversité de la société. Les émissions *I Kissed a Boy* et *I Kissed a Girl* s'inscrivaient dans cette démarche en offrant une visibilité inédite aux personnes LGBTQI+. Leur arrêt, motivé par des contraintes budgétaires, a été perçu comme un recul par certains médias, comme *Dazed*, qui y voyait un *coup dur pour la représentation des lesbiennes à la télévision*. Ces programmes permettaient également d'aborder des sujets de fond, comme les clichés sur la bisexualité ou les attentes sociales liées à l'homosexualité, tout en divertissant un public large. Leur disparition soulève des questions sur l'engagement des médias publics envers les minorités.

