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Géopolitique

À quoi reconnaît-on un Montréalais ? À sa casquette !

Courrier International · mis à jour il y a 21 j

Dans “The Globe and Mail”, un Montréalais expatrié à Los Angeles, raconte comment sa casquette des Expos provoque des rencontres et une complicité inattendue..

Une casquette emblématique

Adam Steinman, un Montréalais expatrié à Los Angeles, a découvert que sa casquette des Expos, une équipe de base-ball disparue, le rendait immédiatement reconnaissable auprès de ses compatriotes. Cette casquette, souvent portée par des Nord-Américains, devient un symbole distinctif pour les Montréalais. Les Expos, dont le nom fait référence à l’Exposition universelle de 1967 organisée à Montréal, ont été créés en 1969 et ont joué leur dernier match au Canada en 2004 avant de déménager à Washington en 2005. Pour Steinman, cette casquette agit comme un signe de reconnaissance discret, presque secret, qui unit les Montréalais entre eux, même à l’étranger.

Un passeport culturel

La casquette des Expos dépasse le simple statut d’objet : elle incarne une identité partagée par les Montréalais. Steinman explique que cette casquette lui a permis de créer des liens instantanés avec des inconnus, comme un serveur italien qui l’a traité comme un paisan (un compatriote) ou des humoristes canadiens rencontrés aux États-Unis. Elle évoque des éléments culturels typiquement montréalais : le bisou sur les deux joues, les Tam-Tams (des rassemblements musicaux au parc La Fontaine), Leonard Cohen (chanteur et poète emblématique), Mitsou (chanteuse québécoise des années 1980), le festival Juste pour rire (festival d’humour international), et DiSalvio’s (un restaurant montréalais réputé). Ces références communes deviennent des marqueurs d’appartenance.

Une identité inaltérable

Pour Steinman, cette casquette symbolise le fait que l’identité montréalaise ne se perd pas en quittant le Canada. Elle reste ancrée, même après des décennies passées à l’étranger, comme en témoignent ses expériences à Los Angeles. Il souligne que cette identité n’est pas abandonnée en franchissant une frontière, mais qu’elle est simplement portée en attendant d’être reconnue par d’autres. Le couvre-chef agit comme un passeport invisible, un moyen de revendiquer ses origines et de créer des connexions spontanées, sans avoir à expliquer longuement son parcours.

Ce que ça pourrait changer

L’impact de cette casquette ne se limite pas aux interactions amicales. Steinman décrit comment elle a modifié le comportement d’un agent de sécurité dans un quartier difficile de Los Angeles, qui l’a traité avec plus de bienveillance. Elle a aussi servi de brise-glace dans des situations banales, comme un repas au restaurant, en transformant une relation anonyme en une connexion personnelle. Ce phénomène illustre comment un objet apparemment anodin peut devenir un outil de reconnaissance sociale, facilitant les échanges et renforçant le sentiment d’appartenance à une communauté.

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