NapseflowNapseflow
Culture

Data centers : la course aux profits

France Culture - Savoirs · mis à jour 28 sept.

La vague des data centers qui déferle en France inquiète les riverains, certains élus et nombre d'associations de défense de l'environnement. Alors que 215 milliards d'euros d'investissements sont attendus d'ici 2035, il est encore difficile de savoir avec précision à qui ils profiteront..

Expansion massive des data centers

La France connaît une augmentation rapide du nombre de data centers, passant de 352 installations aujourd'hui à des projets de grande envergure annoncés récemment. Ces infrastructures, souvent de taille colossale, suscitent des inquiétudes locales et environnementales. Par exemple, le futur data center de Microsoft à Mulhouse couvrira 35 hectares, celui de Google dans l'Indre 195 hectares, et le Campus IA en Seine-et-Marne 90 hectares. À titre de comparaison, le plus grand data center actuel en France, le Paris Digital Park de la Courneuve, ne fait que 4 hectares. Ces projets s'inscrivent dans un contexte d'investissements massifs, estimés à 215 milliards d'euros d'ici 2035, mais leur impact réel sur l'économie et l'environnement reste flou pour beaucoup.

Modèles économiques variés

Les data centers fonctionnent selon plusieurs modèles économiques. Le plus répandu pour les grandes entreprises est la colocation : des opérateurs spécialisés construisent et gèrent l'infrastructure, puis louent des espaces à plusieurs clients, souvent sous forme d'abonnements calculés en fonction de la surface utilisée et de la consommation électrique. Un autre modèle, appelé hyper scale, est adapté aux géants du cloud comme Amazon AWS, Microsoft ou Google. Ces derniers louent l'intégralité d'un bâtiment construit sur mesure pour leurs besoins en puissance de calcul, notamment pour l'entraînement de modèles d'IA. Enfin, certains opérateurs se contentent de gérer le foncier ou fournissent des infrastructures informatiques clés en main. Dans tous les cas, les opérateurs américains dominent largement ce marché en France.

Acteurs dominants étrangers

Les investissements dans les data centers français proviennent majoritairement de capitaux étrangers. Lors du dernier sommet Choose France, le géant japonais SoftBank a annoncé un investissement de 75 milliards d'euros, tandis que le fonds émirati MGX a promis 7,5 milliards d'euros. S'y ajoutent des capitaux privés américains via les géants de la tech, des banques d'affaires et des fonds de pension. Les fonds européens, les banques françaises et l'État, via la Banque publique d'investissement, participent également, mais dans une moindre mesure. Cette domination étrangère soulève des questions sur la répartition des profits, la France fournissant principalement le foncier et une électricité décarbonée, tandis que la valeur technologique et les marges bénéficiaires reviennent en grande partie à l'étranger.

Enjeux environnementaux et sociaux

Les data centers soulèvent plusieurs critiques environnementales et sociales. Leur construction entraîne souvent l'artificialisation de terres agricoles, comme à Béthune où un data center est en cours de construction sur l'ancien site de Bridgestone. Leur consommation d'électricité et d'eau est phénoménale, ce qui pose problème dans un contexte de transition énergétique. De plus, les riverains et certains élus s'interrogent sur les bénéfices locaux de ces infrastructures, dont les retombées économiques directes restent limitées pour les territoires. Ces inquiétudes s'ajoutent à celles liées à la domination des multinationales étrangères sur un secteur stratégique pour l'avenir numérique du pays.

Ce que ça pourrait changer

Malgré ces défis, la France est devenue le troisième hub européen pour l'intelligence artificielle, après Londres et Francfort. Cette position s'explique en partie par l'afflux d'investissements dans les data centers, qui attirent les acteurs majeurs de la tech et de l'IA. Cependant, cette attractivité repose sur un modèle économique où la France fournit les infrastructures physiques et une énergie décarbonée, tandis que les profits liés à la valeur technologique et aux données reviennent principalement à des entreprises étrangères. Cette situation interroge sur la capacité du pays à capitaliser sur cette dynamique pour renforcer son indépendance numérique et économique à long terme.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.