Les poubelles disparaîtront graduellement du parc La Fontaine
La Ville de Montréal relance le projet de stations de tri, cette fois en prévoyant une période de transition..
La Ville de Montréal a relancé un projet pilote visant à installer des stations de tri dans le parc La Fontaine, après l’avoir interrompu au printemps 2023. Ce projet, initialement proposé par l’administration précédente, avait été critiqué pour son approche jugée trop brutale, notamment par le Syndicat des cols bleus regroupés de Montréal. Contrairement à la première tentative, la nouvelle version prévoit une période de transition plus longue, s’étalant jusqu’en 2029, pour retirer progressivement les poubelles traditionnelles. L’objectif est de réduire la quantité de déchets envoyés dans les sites d’enfouissement en améliorant le tri des matières recyclables et consignées. Cette fois, la Ville a consulté les acteurs concernés, comme le syndicat, pour éviter de nouvelles controverses.
Les stations de tri sont des équipements qui remplacent les poubelles classiques. Elles sont composées de trois compartiments : deux pour les matières recyclables, un pour les ordures, et un espace dédié aux contenants consignés (comme les bouteilles en verre ou les canettes). Les matières compostables seront jetées dans les ordures, car leur quantité dans les parcs est jugée insuffisante pour justifier un compartiment spécifique. Actuellement, seulement 10 % des déchets des parcs sont recyclés, mais la Ville estime que ce taux pourrait atteindre 60 % avec ces nouvelles stations. Quinze stations fixes et cinq mobiles seront installées, notamment près du théâtre de Verdure et des installations sportives.
Le retrait des poubelles traditionnelles ne débutera qu’à l’été 2024 et s’étalera sur plusieurs années, jusqu’en 2029. Cette approche progressive vise à éviter un rejet de la part des citoyens, dont les habitudes pourraient être perturbées. Gabrielle Rousseau-Bélanger, responsable des dossiers environnementaux au comité exécutif, souligne que la gestion du changement nécessite du temps et une bonne communication. La Ville a déjà commencé à déployer les stations de tri, mais leur installation complète prendra plusieurs années. Cette méthode permet aussi d’ajuster le projet en fonction des retours des usagers du parc.
Pour assurer le succès du projet, la Ville prévoit une campagne de sensibilisation incluant l’installation de signalisations dans le parc et l’organisation d’ateliers. L’objectif est d’expliquer aux visiteurs pourquoi ce changement est nécessaire et de les encourager à adopter de nouvelles habitudes de tri. Cathy Wong, mairesse du Plateau-Mont-Royal, a salué cette initiative, soulignant qu’elle contribuera à améliorer la propreté et la gestion des déchets dans le parc. Karel Ménard, directeur général du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets, insiste sur l’importance d’impliquer les citoyens dès le début du projet pour éviter des réactions négatives.
Plusieurs acteurs sont impliqués dans ce projet. La Ville de Montréal, représentée par Gabrielle Rousseau-Bélanger et Jimmy Dib, est responsable de la mise en œuvre des stations de tri et de leur gestion. Le Syndicat des cols bleus regroupés de Montréal, consulté pour ce projet, a donné son aval après avoir été initialement critique. Les cols bleus seront chargés de vider les stations de tri dans le parc. Cathy Wong, mairesse du Plateau-Mont-Royal, a collaboré au dossier et soutient publiquement le projet. Ces acteurs travaillent ensemble pour garantir une transition fluide et efficace.
Malgré les efforts de la Ville, certains défis persistent. Karel Ménard rappelle que les changements liés à la gestion des déchets, comme l’introduction des bacs bruns ou l’espacement des collectes, suscitent souvent des réactions vives chez les citoyens. Il est donc crucial d’expliquer clairement les raisons du projet et de montrer ses bénéfices environnementaux. La durée de trois ans pour la transition est perçue comme longue, mais elle reflète la complexité de la gestion des déchets et la nécessité de ne pas brusquer les habitudes des usagers. L’enjeu principal reste d’atteindre les objectifs de réduction des déchets envoyés à l’enfouissement.

