Cessez-le-feu à Gaza : un an après, toujours la faim et les morts
Un an après le cessez-le-feu dans la bande de Gaza, seules deux mesures sur les 20 du plan du président Trump ont été réalisées. Et sans les reconstructions promises et avec une aide encore insuffisante, la population gazaouie, encore victime de frappes israéliennes, souffre..
Le 10 octobre 2025, un cessez-le-feu est entré en vigueur à Gaza après des négociations menées par l’ancien président américain Donald Trump. Ce cessez-le-feu visait à mettre fin aux combats entre Israël et le Hamas, un mouvement armé palestinien qui contrôle la bande de Gaza depuis 2007. Cependant, malgré cet accord, la situation reste extrêmement tendue un an plus tard. En effet, selon le média qatari Al-Jazeera, quatre morts sont recensés en moyenne chaque jour à Gaza, soit près de 1 500 personnes depuis le début du cessez-le-feu. Par ailleurs, l’armée israélienne occupe désormais plus de 60 % de la bande de Gaza, une zone initialement délimitée par une ligne jaune qui a été repoussée vers l’intérieur, créant une nouvelle ligne orange. Ces lignes représentent des zones sous contrôle israélien, réduisant encore davantage l’espace disponible pour la population palestinienne.
En septembre 2025, Donald Trump avait proposé un plan de paix en vingt mesures pour stabiliser la région. Un an après, seules deux de ces mesures ont été mises en œuvre. Il s’agit des points 4 et 5, qui concernaient l’échange de prisonniers : la libération de 20 otages israéliens détenus par le Hamas contre celle de 1 808 prisonniers palestiniens. Pour le reste, le plan est au point mort. Ni le désarmement du Hamas, ni la reconstruction des infrastructures détruites par trois années de bombardements n’ont commencé. Les deux parties, Israël et le Hamas, s’accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu et de bloquer la mise en œuvre des autres mesures. Les négociations semblent donc dans une impasse, sans perspective de reprise concrète.
La population de Gaza souffre toujours d’une crise humanitaire majeure. Bien que la situation de famine ait été temporairement atténuée grâce au cessez-le-feu, près de 1,5 million de personnes restent en insécurité alimentaire, c’est-à-dire qu’elles n’ont pas accès à une nourriture suffisante et régulière. Les conditions de vie sont extrêmement précaires : des familles vivent sous des tentes déchirées, sans accès à des systèmes d’égouts décents, et peinent à trouver des moyens de subsistance. Selon le quotidien britannique The Independent, seuls 19 des 36 hôpitaux de Gaza fonctionnent encore partiellement, en raison des destructions causées par les bombardements. De plus, l’accès à l’eau potable est limité, et l’aide humanitaire reste insuffisante. Au lieu des 600 camions d’aide prévus chaque jour, seulement environ 220 camions parviennent à entrer dans la bande de Gaza, selon Al-Jazeera.
Israël et le Hamas s’accusent mutuellement de ne pas respecter les termes du cessez-le-feu et d’entraver la mise en œuvre du plan Trump. Israël affirme que le Hamas continue de lancer des roquettes et de stocker des armes, tandis que le Hamas dénonce les restrictions israéliennes sur l’entrée des biens et des personnes à Gaza, ainsi que les opérations militaires dans certaines zones. Ces tensions persistent malgré les appels internationaux à une application stricte du cessez-le-feu. Les deux parties semblent incapables de trouver un terrain d’entente, ce qui maintient la population civile dans une situation de vulnérabilité extrême, sans perspective d’amélioration à court terme.

