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Économie

Tout comprendre en trois minutes au volet (anti) écologique du budget du Rassemblement national

Alternatives Économiques · mis à jour il y a 17 j

La « trajectoire financière du quinquennat de Marine Le Pen » traduit en chiffres fantaisistes les orientations du RN en matière d’énergie : subventions aux énergies fossiles, fin des renouvelables et économies imaginaires..

Baisse des taxes énergétiques

Le Rassemblement national (RN) propose dans son contre-budget de réduire la TVA sur l’énergie, ce qui entraînerait une perte de recettes fiscales de 12,2 milliards d’euros par an. Cette mesure s’accompagnerait d’une diminution de l’accise sur les produits pétroliers, réduisant encore les recettes de 3,9 milliards d’euros en 2027. Ces baisses de taxes reviennent à subventionner indirectement les énergies fossiles, comme le pétrole ou le gaz naturel. Cette politique favoriserait principalement les ménages les plus aisés, qui consomment davantage d’énergie. L’accise est une taxe spécifique appliquée aux produits énergétiques, comme l’essence ou le diesel. Ces mesures s’inscrivent dans une logique de baisse des coûts pour les consommateurs, mais au détriment de la transition écologique et des finances publiques.

Taxes sur les renouvelables

Pour compenser partiellement les pertes de recettes liées aux baisses de taxes sur les énergies fossiles, le RN prévoit d’augmenter les taxes sur les énergies renouvelables, notamment l’éolien. Cette hausse inclurait la suppression de l’exonération de taxe foncière pour les éoliennes, ainsi qu’une augmentation de la taxe sur les éoliennes en mer. Ces nouvelles taxes rapporteraient environ 200 millions d’euros par an. Cette mesure vise à pénaliser le développement des énergies renouvelables, alors que le RN privilégie le nucléaire dans sa stratégie énergétique. Les énergies renouvelables, comme l’éolien, sont des sources d’énergie décarbonée, contrairement aux énergies fossiles.

Fin des aides à la rénovation

Le RN souhaite supprimer les subventions pour la rénovation thermique des bâtiments, comme MaPrimeRénov’, qui aide les ménages à isoler leur logement ou à installer des systèmes de chauffage plus performants. Ces subventions seraient remplacées par des prêts à taux zéro, incluant également un « plan climatisation ». Cette réforme permettrait d’économiser 5,1 milliards d’euros en 2027, puis entre 3 et 4 milliards d’euros par an ensuite. Cependant, cette mesure pénaliserait les classes précaires et moyennes, qui bénéficient aujourd’hui de ces aides. La rénovation thermique vise à réduire la consommation d’énergie des logements, ce qui est essentiel pour atteindre les objectifs climatiques.

Fonds vert et économies

Le RN prévoit une seule hausse budgétaire dans le domaine écologique : un financement supplémentaire de 100 millions d’euros pour le Fonds vert, qui soutient les collectivités locales dans leurs projets environnementaux. En revanche, le parti mise sur des économies massives en réduisant les subventions aux associations et aux opérateurs publics. Par exemple, il évoque la « rebudgétisation des certificats d’économie d’énergie » (CEE), censée rapporter 8 milliards d’euros par an. Les CEE sont un mécanisme où les fournisseurs d’énergie financent des travaux d’efficacité énergétique chez les ménages et entreprises. Le RN propose de récupérer ces 8 milliards, mais cela impliquerait de supprimer les aides qu’ils financent actuellement. Les CEE sont un outil clé de la politique énergétique française.

Moratoire sur les renouvelables

Le RN a annoncé son intention d’instaurer un moratoire sur le développement des énergies renouvelables, comme l’éolien ou le solaire. Cette mesure vise à réduire les dépenses publiques dans ce secteur, mais elle s’oppose aux objectifs de neutralité carbone d’ici 2050. Marine Le Pen, présidente du RN, a réaffirmé cette position lors de la présentation du contre-budget. Le parti mise plutôt sur le nucléaire, bien que la filière estime irréaliste la construction de 20 nouveaux réacteurs en 20 ans, comme prévu dans son programme de 2022. Le développement des énergies renouvelables est essentiel pour décarboner rapidement l’économie, car elles permettent d’augmenter la production d’électricité sans émissions de CO₂.

Subventions aux énergies fossiles

Le RN propose de subventionner davantage les énergies fossiles, comme le gaz ou le pétrole, en réduisant les taxes qui pèsent sur ces produits. Pourtant, la France importe quasi intégralement ces énergies, ce qui affaiblit son indépendance énergétique. Cette politique éloigne également le pays de ses engagements climatiques, notamment l’objectif de neutralité carbone en 2050. Les énergies fossiles sont la principale source d’émissions de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique. Subventionner leur usage revient à encourager leur consommation, plutôt que de favoriser les alternatives décarbonées comme les énergies renouvelables ou le nucléaire.

Ce que ça pourrait changer

Le RN évoque la création d’un « prix national de l’électricité », censée générer des économies budgétaires estimées entre 5 et 9 milliards d’euros par an. Cependant, ces économies ne profiteraient pas à l’État, mais aux consommateurs, en réduisant le coût de l’électricité. Le mécanisme de ce prix national n’est pas détaillé dans le contre-budget. Cette mesure s’inscrit dans une logique de baisse des coûts pour les ménages, mais elle ne contribue pas directement à la transition écologique. L’électricité en France est déjà produite en grande partie à partir de sources décarbonées, comme le nucléaire et l’hydraulique, mais son prix dépend de nombreux facteurs, dont les taxes et les subventions.

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