La Chine est-elle la grande gagnante des crises mondiales ?
Le 23 septembre 2026 s'ouvre à Washington le sommet sino-américain. Les dirigeants des deux superpuissances se retrouvent pour la 3e fois en moins d'un an.
Le 23 septembre 2026 s’ouvre à Washington un sommet entre les dirigeants chinois et américains, respectivement Xi Jinping et Donald Trump. Il s’agit de la troisième rencontre en moins d’un an entre les deux chefs d’État. Xi Jinping souhaitait que cette visite soit qualifiée de visite d’État, ce qui implique un protocole diplomatique très élevé, incluant des honneurs et des cérémonies officielles. De son côté, Donald Trump cherche à impressionner son homologue chinois. Ce sommet intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les deux pays, alors que le monde fait face à plusieurs crises simultanées. Les discussions pourraient aborder des sujets comme le commerce, la technologie, la sécurité ou encore l’influence géopolitique, mais l’issue reste incertaine.
Depuis plusieurs années, la Chine est souvent présentée comme un acteur majeur capable de tirer profit des crises mondiales. Les experts invités dans l’émission évoquent cette idée en lien avec les faux pas attribués à Donald Trump, comme des décisions politiques ou économiques perçues comme désorganisées ou imprévisibles. Ces erreurs, combinées à des crises globales (sanitaires, énergétiques, géopolitiques), pourraient offrir à la Chine une opportunité pour renforcer son influence. Par exemple, la pandémie de Covid-19 a montré comment la Chine a su se positionner comme un fournisseur clé de matériel médical, tandis que d’autres pays peinaient à répondre à la demande. Cependant, cette stratégie n’est pas sans risques, car elle dépend aussi de la perception internationale et de la stabilité interne du pays.
Trois experts participent au débat pour éclairer cette question. Sylvie Matelly, économiste et professeure à la Skema Business School, ainsi que conseillère à l’Institut Jacques Delors, apporte une analyse sur les enjeux économiques. Jean-Baptiste Monnier, vice-président de l’institut de recherches Asia Centre, se concentre sur les dynamiques géopolitiques en Asie. Enfin, Alice Ekman, directrice de la recherche à l’Institut d’études de sécurité de l’Union européenne (EUISS) et spécialiste de la Chine, éclaire les stratégies chinoises en matière de sécurité et d’influence. Leurs interventions visent à décrypter si la Chine profite réellement des crises ou si cette perception relève davantage d’un récit médiatique ou politique.
Le sommet de 2026 intervient dans un contexte où les relations sino-américaines sont marquées par des rivalités croissantes. La Chine cherche à affirmer son statut de superpuissance, notamment à travers des initiatives comme la Nouvelle Route de la Soie, un projet d’infrastructures reliant l’Asie à l’Europe et à l’Afrique. Les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, adoptent une politique plus agressive, avec des mesures comme les tarifs douaniers sur les importations chinoises ou des restrictions technologiques (par exemple, l’interdiction pour les entreprises américaines de vendre des composants électroniques à Huawei). Ces tensions illustrent une compétition pour la domination économique et technologique mondiale, où chaque camp tente de limiter l’influence de l’autre.
La question centrale du débat est de savoir si la Chine domine réellement les États-Unis ou si cette idée relève d’un malentendu ou d’une exagération. Les experts soulignent que la Chine a connu une croissance économique spectaculaire depuis les années 1980, passant d’un pays pauvre à la deuxième économie mondiale, avec un PIB de plus de 18 000 milliards de dollars en 2026. Cependant, cette puissance économique ne se traduit pas toujours par une domination politique ou militaire. Par exemple, malgré ses investissements massifs en Afrique ou en Amérique latine, la Chine reste dépendante de ses exportations vers les États-Unis et l’Europe. De plus, les défis internes, comme le vieillissement de la population ou les tensions sociales, pourraient freiner son ascension. Le débat reste donc ouvert sur la capacité de la Chine à devenir la première puissance mondiale.

