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Quels sont les effets de l’apesanteur sur l’ADN humain ? Cette étude montre que notre corps résiste mieux que prévu

Presse-Citron · mis à jour il y a 14 j

La NASA et SpaceX préparant des missions de longues durées, notamment vers Mars, il était grand temps qu'on se pose la question..

Effets visibles de l'apesanteur

L’apesanteur, ou absence de gravité, a des conséquences immédiates et visibles sur le corps humain après un séjour dans l’espace. Les astronautes revenant de la Station spatiale internationale (ISS), par exemple, présentent une perte de masse musculaire et une diminution de la densité de leurs os. Ces effets s’expliquent par l’absence de sollicitation physique due à la gravité terrestre. D’autres symptômes incluent des vertiges, car le cœur n’a plus besoin de pomper le sang avec la même force pour lutter contre la gravité, ainsi que des troubles de l’équilibre dus à la réadaptation de l’oreille interne. Ces manifestations sont bien documentées et montrent que le corps humain dépend fortement de la gravité pour fonctionner normalement.

ADN et microgravité

L’ADN humain, support de notre information génétique, réagit différemment à l’apesanteur. Une étude récente menée par des chercheurs de la New York University (NYU) a simulé sur Terre des conditions de microgravité pendant 24 heures pour observer les effets sur des cellules humaines. Contrairement aux effets visibles sur les muscles et les os, l’ADN s’est révélé résistant : sa structure en double hélice est restée intacte, sans aucune cassure ni dégradation. Le noyau des cellules, qui abrite l’ADN, a légèrement augmenté de volume, mais sans conséquence néfaste. Ces résultats suggèrent que l’absence de gravité n’altère pas directement l’ADN, du moins à court terme.

Résultats surprenants

Les chercheurs, dirigés par Alexandra Zidovska, professeure associée au département de physique de la NYU, s’attendaient à des dégradations génétiques après 24 heures en microgravité. Or, les cellules sont ressorties pratiquement indemnes, ce qui a surpris l’équipe. La structure de l’ADN, protégée par une membrane, n’a subi aucune modification visible. Cette découverte est encourageante pour les missions spatiales de longue durée, car elle indique que l’apesanteur seule ne semble pas menacer l’intégrité génétique. Cependant, les scientifiques soulignent que ces résultats ne couvrent qu’une très courte période et ne préjugent pas des effets sur des durées plus longues.

Limites et prochaines étapes

Malgré ces résultats prometteurs, les chercheurs restent prudents. Une mission vers Mars, par exemple, dure environ six mois, une durée bien supérieure aux 24 heures testées. Les auteurs de l’étude précisent qu’il est impossible d’extrapoler ces données à des voyages spatiaux prolongés. De plus, l’espace expose les astronautes à des rayonnements spatiaux hautement mutagènes, un facteur non pris en compte dans cette expérience. D’autres études seront nécessaires pour évaluer les effets combinés de l’apesanteur et des radiations sur l’ADN. Les agences spatiales comme la NASA ou l’ESA surveillent ces recherches de près pour préparer les futures missions habitées.

Ce que ça pourrait changer

Cette étude ouvre des perspectives pour l’exploration spatiale humaine. Elle suggère que l’ADN humain pourrait résister à l’apesanteur sur des durées courtes, ce qui est une bonne nouvelle pour les voyages en orbite basse, comme ceux vers l’ISS. Cependant, les risques liés aux rayonnements et aux séjours prolongés restent une préoccupation majeure. Les chercheurs espèrent que leurs travaux permettront de mieux comprendre les mécanismes d’adaptation du corps humain dans l’espace. Ces données pourraient aider à concevoir des protections ou des contre-mesures pour les astronautes, notamment lors de missions vers la Lune ou Mars.

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