Les hypernovae, ces supernovae surpuissantes… qui pourraient ne jamais avoir existé
Au-delà des supernovae, certaines théories évoquent l'existence d'hypernovae, des explosions d'étoiles beaucoup plus puissantes qui auraient dispersé la matière des étoiles à travers l'Univers. Mais ont-elles vraiment laissé leur empreinte dans les plus vieilles étoiles ? Deux études publiées dans la revue Monthly Notices of the Royal Astronomical Society en doutent..
Une hypernova est une explosion d'étoile extrêmement puissante, bien plus intense qu'une supernova classique. Elle se produit lorsqu'une étoile massive, au moins 20 fois plus lourde que notre Soleil, arrive en fin de vie. Contrairement aux supernovae, qui libèrent une énergie équivalente à celle émise par le Soleil pendant 10 milliards d'années, une hypernova peut libérer jusqu'à 100 fois plus d'énergie en quelques secondes. Ces événements sont si lumineux qu'ils pourraient, en théorie, être observés depuis l'autre bout de l'univers. Les scientifiques pensaient jusqu'à présent que les hypernovae expliquaient certains phénomènes cosmiques, comme les sursauts gamma longs, des émissions de rayons gamma parmi les plus énergétiques de l'univers. Cependant, une étude récente remet en cause leur existence même.
Les sursauts gamma (gamma-ray bursts, GRB) sont des flashs de rayons gamma extrêmement brefs mais d'une intensité colossale, détectés dans l'univers lointain. Ils sont classés en deux catégories : les sursauts courts (durée inférieure à 2 secondes) et les sursauts longs (durée supérieure à 2 secondes). Les sursauts longs sont traditionnellement associés aux hypernovae, car leur durée et leur énergie correspondent à ce que produirait une étoile massive en explosant. Cependant, des observations récentes ont montré que certains sursauts gamma longs ne s'accompagnaient pas de traces d'hypernovae, comme des résidus de matière ou des émissions lumineuses caractéristiques. Cela a conduit des chercheurs à douter de l'existence même des hypernovae comme cause principale de ces phénomènes.
En octobre 2026, une équipe de chercheurs a publié une étude suggérant que les hypernovae pourraient ne pas exister en tant que catégorie distincte d'explosions stellaires. Leurs travaux, basés sur l'analyse de données recueillies par des télescopes spatiaux comme le James Webb Space Telescope (JWST), indiquent que les sursauts gamma longs pourraient être causés par d'autres mécanismes, comme la fusion de deux étoiles à neutrons ou l'effondrement d'une étoile en trou noir sans explosion visible. Les chercheurs soulignent que les preuves directes d'hypernovae restent rares et souvent indirectes, comme des observations de résidus de matière ou des signatures spectrales spécifiques. Or, ces preuves sont de plus en plus contestées par des données plus précises.
Les scientifiques explorent désormais d'autres hypothèses pour expliquer les sursauts gamma longs. L'une des pistes les plus prometteuses est la collapsar, un scénario où une étoile massive s'effondre directement en trou noir sans produire d'explosion visible. Une autre hypothèse implique la fusion de deux étoiles à neutrons, un phénomène déjà observé et confirmé par des détections d'ondes gravitationnelles comme celles de l'événement GW170817 en 2017. Ces alternatives permettraient d'expliquer pourquoi certains sursauts gamma longs ne laissent pas de traces d'hypernovae, tout en restant compatibles avec les observations actuelles. Ces théories remettent en cause des décennies de modèles astrophysiques.
Si les hypernovae n'existent pas, cela aurait des implications majeures pour l'astrophysique et notre compréhension de l'univers. Les modèles actuels de formation des éléments lourds, comme l'or ou l'uranium, reposent en partie sur l'existence des hypernovae. Ces explosions seraient en effet responsables de la dispersion de ces éléments dans l'espace, permettant leur incorporation dans de nouvelles étoiles et planètes. Une remise en cause des hypernovae obligerait les scientifiques à réviser ces modèles et à chercher d'autres mécanismes pour expliquer la présence de ces éléments dans l'univers. Cela pourrait également impacter notre compréhension de la formation des trous noirs et des étoiles à neutrons.
Pour trancher définitivement la question, les chercheurs comptent sur les progrès technologiques, notamment les télescopes spatiaux comme le *James Webb Space Telescope* (JWST) ou le futur *Nancy Grace Roman Space Telescope*, prévu pour 2027. Ces instruments permettront d'observer des sursauts gamma et leurs environnements avec une précision inégalée, en cherchant des signatures spécifiques qui pourraient confirmer ou infirmer l'existence des hypernovae. En parallèle, des simulations informatiques plus poussées seront réalisées pour modéliser les scénarios alternatifs, comme les *collapsars* ou les fusions d'étoiles à neutrons. Ces travaux pourraient prendre plusieurs années avant de fournir des réponses définitives.

