De nouveaux tarifs « prochainement » contre 60 économies, assure un responsable américain
Ces tarifs donneront suite aux droits de douane temporaires de 10 % imposés par Donald Trump l'année dernière..
Le représentant de la Maison-Blanche pour le Commerce (USTR, United States Trade Representative), Jamieson Greer, a annoncé que de nouveaux droits de douane seraient prochainement instaurés contre une soixantaine d'économies. Ces mesures visent à remplacer les taxes temporaires de 10 % mises en place par l'administration Trump après l'invalidation par la Cour suprême des États-Unis de certains droits de douane précédents. L'USTR a précisé que ces nouvelles surtaxes pourraient concerner les principaux partenaires commerciaux des États-Unis, dont l'Union européenne (UE), mais n'a pas communiqué de calendrier précis. Jamieson Greer a évoqué une issue attendue d'ici la fin de la semaine, sans pouvoir garantir une date exacte. Ces droits de douane s'appuient sur des enquêtes récentes menées par l'USTR, notamment sur les pratiques de travail forcé dans les pays ciblés.
En février 2025, la Cour suprême des États-Unis a annulé une grande partie des droits de douane imposés par Donald Trump, les jugeant anticonstitutionnels car ils reposaient sur une interprétation erronée d'un texte de loi. Cependant, les droits de douane sectoriels, comme ceux appliqués à l'automobile, l'acier, l'aluminium ou le cuivre, n'ont pas été concernés par cette annulation. Pour contourner cette décision, l'administration Trump a invoqué un autre texte de loi autorisant des surtaxes pour une durée maximale de 150 jours. Cette stratégie a permis à Washington de maintenir temporairement certaines taxes, mais elle reste contestée sur le plan juridique. L'USTR s'appuie désormais sur ce même texte pour justifier les nouveaux droits de douane, tout en lançant des enquêtes approfondies pour les rendre permanents.
L'USTR propose d'imposer des droits de douane de 12,5 % à environ 45 pays accusés de ne pas interdire l'importation de biens issus du travail forcé. Pour les économies ayant une interdiction en place mais dont l'application est jugée insuffisante, comme le Canada, l'Équateur, l'Union européenne, l'Indonésie, le Mexique, le Pakistan et le Royaume-Uni, un taux réduit de 10 % est envisagé. Ces mesures s'ajoutent à des surtaxes déjà annoncées, comme les 25 % imposés au Brésil pour des politiques commerciales jugées déraisonnables, ou les 50 % supplémentaires appliqués au Canada en réponse à des mesures de rétorsion contre les États-Unis. Ces dernières entreront en vigueur dans un mois.
Jamieson Greer a justifié ces nouvelles surtaxes par la nécessité de protéger les intérêts commerciaux américains et de lutter contre le travail forcé. Concernant le Canada, il a critiqué les mesures de représailles prises par Ottawa après l'imposition des premiers droits de douane en 2025, affirmant que Washington demande depuis un an leur retrait ou leur modification. L'USTR a également souligné que ces droits de douane s'appuient sur des enquêtes menées pour identifier les pays ne respectant pas les normes internationales. Les partenaires commerciaux concernés n'ont pas encore réagi officiellement à ces annonces, mais ces mesures pourraient entraîner des tensions commerciales accrues avec les principales économies mondiales.

