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Géopolitique

Au Zimbabwe, le scandale des centres de désintoxication exigeant des rançons aux familles

Courrier International · mis à jour il y a 15 h

Des centres promettant une “rééducation” font en réalité subir des détentions forcées et des châtiments corporels aux toxicomanes, et réclament des rançons s’élevant à des centaines de dollars à leurs familles désespérées. Le site “Minority Africa” a enquêté sur les rouages d’une escroquerie bien ficelée qui sévit dans ce pays d’Afrique australe..

Crise des toxicomanes

Au Zimbabwe, la consommation de drogues touche particulièrement les jeunes adultes, souvent appelés la génération perdue en raison de la grave crise économique et du chômage qui frappe le pays. Selon un rapport de l'Unicef de 2023, 60 % des abandons scolaires sont directement liés à la toxicomanie. Parmi les substances les plus répandues, on trouve le mutoriro, une méthamphétamine sous forme de cristaux, ainsi que des sirops contre la toux frelatés ou encore de la cocaïne importée. Cette situation pousse certains jeunes à chasser leurs parents de leur foyer ou à vendre leurs biens pour se procurer ces substances. Le pasteur John Gwada, responsable communautaire au sein de l'Église apostolique du Zimbabwe, décrit un désastre social où les familles sont dévastées par cette dépendance.

Centres illégaux

Face à cette crise, des centres de désintoxication illégaux se sont multipliés au Zimbabwe. Ces établissements, souvent promus via des publicités sur les réseaux sociaux comme TikTok ou Facebook, attirent les familles désespérées en leur promettant une rééducation efficace. Cependant, une fois les patients internés, ces centres se transforment en lieux de détention forcée où les toxicomanes subissent des châtiments corporels. Les familles, déjà en détresse, sont ensuite victimes d'un chantage : pour libérer leurs proches, elles doivent payer des rançons pouvant atteindre plusieurs centaines de dollars. Ces pratiques constituent une économie parallèle basée sur l'exploitation des vies brisées, comme le souligne le site Minority Africa.

Témoignage poignant

Chipo Ganga, une mère zimbabwéenne, a vécu cette situation traumatique en 2025. Après avoir découvert des publicités pour ces centres sur les réseaux sociaux, elle a inscrit son fils de 17 ans, dépendant au mutoriro, dans l'un de ces établissements, espérant une solution miracle. Cependant, elle s'est rapidement rendu compte que ces centres étaient des pièges. Son fils a été retenu contre son gré, et elle a dû payer une rançon pour le libérer. Son témoignage illustre le désespoir des familles zimbabwéennes face à une crise sanitaire et sociale qui semble sans issue.

Ce que ça pourrait changer

Cette escroquerie organisée aggrave une situation déjà critique au Zimbabwe. Le pays fait face à une crise économique profonde, marquée par un chômage élevé et des inégalités sociales croissantes. La toxicomanie, en particulier chez les jeunes, aggrave les tensions familiales et sociales. Les centres illégaux exploitent cette vulnérabilité pour s'enrichir, créant un cercle vicieux où les familles, déjà fragilisées, doivent choisir entre payer des rançons exorbitantes ou abandonner leurs proches à leur sort. Cette situation révèle l'absence de structures publiques efficaces pour lutter contre la toxicomanie et soutenir les familles en détresse.

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