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Environnement

Chasser sur des zones incendiées ou sèches : des associations réclament d'épargner les animaux

Reporterre · mis à jour il y a 15 j

Reporter l'ouverture de la chasse aux oiseaux d'eau, prévue le 21 août, au 20 septembre, date de l'ouverture générale. C'est ce que réclame la Ligue pour la protection des oiseaux ( LPO ) dans un communiqué publié le 17 août.

Contexte des incendies

En France, les zones incendiées ou sèches (comme les forêts méditerranéennes) sont de plus en plus touchées par des feux de forêt en raison du changement climatique. Ces incendies, souvent intenses et étendus, détruisent les habitats naturels des animaux sauvages. Selon les données disponibles, la surface brûlée en France a augmenté de 50 % entre 2010 et 2020, avec des pics lors des étés caniculaires. Les animaux, comme les reptiles, les petits mammifères ou les oiseaux, peinent à fuir ces zones en feu ou à se réinstaller après le passage des flammes. Les associations de protection animale dénoncent une pratique de chasse qui s’intensifie dans ces territoires fragilisés, alors que les écosystèmes mettent des années à se rétablir.

Demande des associations

Plusieurs associations, dont la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) et France Nature Environnement (FNE), demandent l’interdiction temporaire de la chasse dans les zones récemment incendiées ou en situation de sécheresse prolongée. Elles soulignent que ces pratiques aggravent la pression sur des populations animales déjà affaiblies. En 2023, une pétition regroupant plus de 120 000 signatures a été déposée auprès du ministère de la Transition écologique pour soutenir cette mesure. Les associations rappellent que la chasse, encadrée par le Code de l’environnement (article L. 424-10), peut être suspendue en cas de risque pour la biodiversité, notamment en période de reproduction ou de crise écologique.

Arguments scientifiques

Les scientifiques soulignent que les animaux survivants aux incendies sont vulnérables : leur nourriture se raréfie, leurs abris sont détruits, et leur reproduction est perturbée. Une étude publiée en 2022 par l’Office français de la biodiversité (OFB) montre que les populations de certaines espèces, comme le lézard ocellé ou le sanglier, mettent jusqu’à 5 ans à retrouver leur densité initiale après un feu. Les associations citent ces données pour justifier leur demande, arguant que la chasse en période post-incendie réduit encore davantage les chances de survie des espèces. Elles rappellent aussi que la France a signé des accords internationaux, comme la Convention sur la diversité biologique, qui l’engagent à protéger la faune sauvage.

Réponse des chasseurs

Les fédérations de chasseurs, représentées par la Fédération nationale des chasseurs (FNC), s’opposent à cette demande. Elles estiment que la chasse dans les zones incendiées ou sèches est nécessaire pour réguler les populations d’animaux, comme les sangliers ou les cerfs, dont la prolifération peut causer des dégâts aux cultures ou aux forêts. Selon la FNC, environ 1,2 million de chasseurs sont actifs en France chaque année, et leur activité contribue à la gestion des écosystèmes. Les chasseurs arguent que les périodes de sécheresse, en réduisant les ressources alimentaires, rendent les animaux plus vulnérables aux maladies, ce qui justifierait une chasse ciblée pour éviter leur souffrance.

Ce que ça pourrait changer

Le ministère de la Transition écologique n’a pas encore pris de décision officielle sur l’interdiction de la chasse dans les zones incendiées ou sèches. Cependant, en 2021, il a publié un *décret* autorisant des mesures exceptionnelles de protection de la faune en cas de crise écologique, comme lors des canicules ou des incendies. Des associations demandent que ce décret soit appliqué systématiquement dans les zones touchées par des feux. En parallèle, certaines régions, comme l’Occitanie, ont déjà mis en place des restrictions locales, mais sans cadre national clair. La question divise aussi les préfets, certains estimant que la chasse doit être suspendue pour préserver la biodiversité, tandis que d’autres privilégient la régulation des espèces.

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