NapseflowNapseflow
Généraliste

Le groupe hôtelier espagnol Meliá cesse ses activités à Cuba

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 16 j

Le groupe avait déjà fermé les portes de 15 établissements hôteliers en juin..

Fin des activités

Le groupe hôtelier espagnol Meliá a annoncé l'arrêt complet de ses activités à Cuba à partir du vendredi suivant son communiqué, soit le 12 juin 2019 selon le contexte. Cette décision est motivée par des difficultés importantes à poursuivre ses opérations sur l'île, en raison de la pression croissante exercée par les États-Unis. Meliá précise que les sanctions américaines rendent désormais impossible, de facto (en pratique) et de jure (légalement), le maintien d'une stabilité minimale pour ses activités commerciales. Le groupe souligne qu'il travaille activement à organiser une transition progressive afin de limiter les conséquences pour ses employés, ses fournisseurs et ses clients. Cette annonce intervient après une première étape en juin 2019, où Meliá avait déjà décidé de fermer 15 de ses 34 hôtels à Cuba, représentant un total de 14 000 chambres gérées en collaboration avec le conglomérat militaro-économique cubain Gaesa.

Sanctions américaines

Les difficultés rencontrées par Meliá à Cuba sont directement liées aux sanctions imposées par les États-Unis. En janvier 2019, le président américain Donald Trump a signé un décret renforçant ces mesures, ciblant notamment les entreprises étrangères collaborant avec l'État cubain. Ces sanctions menacent directement les activités des groupes hôteliers comme Meliá, car elles limitent leurs possibilités de transactions financières et d'approvisionnement. Par ailleurs, Washington maintient depuis 1962 un embargo économique contre Cuba, une mesure de restriction commerciale totale. Depuis janvier 2019, un blocus pétrolier a été ajouté, autorisant l'arrivée d'un seul pétrolier russe par an. Ces restrictions ont déjà poussé d'autres entreprises étrangères, comme une compagnie minière et une banque, à se retirer de l'île. Les sanctions ont également entraîné la suspension des paiements par les cartes Visa et Mastercard à Cuba, compliquant davantage les transactions pour les touristes et les entreprises locales.

Contexte historique

Meliá occupe une place particulière dans l'histoire du tourisme à Cuba. Le groupe a été le premier groupe hôtelier étranger à s'implanter sur l'île après que le dirigeant cubain Fidel Castro eut ouvert le pays au tourisme international en 1991. Cette décision faisait suite à la chute du bloc soviétique, qui avait plongé Cuba dans une grave crise économique. À l'époque, le tourisme était vu comme une solution pour relancer l'économie du pays. Meliá a ainsi joué un rôle clé dans le développement de l'industrie hôtelière cubaine, en gérant des établissements emblématiques. Cependant, les tensions politiques entre Cuba et les États-Unis, ainsi que les sanctions économiques, ont progressivement rendu l'exploitation des hôtels de plus en plus difficile pour les entreprises étrangères. La décision de Meliá marque donc la fin d'une époque pour le tourisme cubain, dans un contexte géopolitique et économique de plus en plus contraignant.

Ce que ça pourrait changer

La fermeture des hôtels de Meliá à Cuba aura des répercussions sur plusieurs acteurs. Pour les *collaborateurs* (employés locaux et expatriés), cette décision signifie la perte d'emplois ou des changements de poste, bien que le groupe promette une transition ordonnée. Les *fournisseurs* locaux, qui travaillaient avec les hôtels, pourraient également subir un impact économique, notamment dans les secteurs de la restauration, du nettoyage ou de la maintenance. Enfin, les *clients* (touristes) déjà présents ou prévoyant de se rendre à Cuba devront s'adapter à cette nouvelle situation, avec des risques de perturbations dans leurs réservations ou leurs paiements, déjà compliqués par les sanctions américaines. D'autres entreprises étrangères pourraient suivre l'exemple de Meliá, ce qui aggraverait la crise économique que traverse déjà l'île, déjà touchée par des pénuries et des difficultés d'approvisionnement.

Sujets complémentaires