Au moins 32 morts dans l’incendie d’un bar à Bangkok : les raisons du drame
Au moins 32 personnes ont perdu la vie dans l’incendie d’un bar dans la capitale thaïlandaise, dans la nuit du dimanche 12 au lundi 13 juillet. La configuration des lieux et la mauvaise signalisation des issues de secours peuvent expliquer ce lourd bilan humain..
Dans la nuit du dimanche 12 au lundi 13 juillet 2020, un incendie s'est déclaré dans un bar de Bangkok, en Thaïlande. Cet événement est désormais considéré comme l'un des pires incendies qu'ait connus le pays ces dernières années. Selon les dernières estimations, le drame a causé la mort d'au moins 32 personnes et blessé une soixantaine d'autres. Les autorités locales, représentées par le Bureau du district de Chatuchak, ont communiqué ce bilan trois jours après la catastrophe. La Thaïlande, pays d'Asie du Sud-Est, est connue pour son dynamisme touristique et sa vie nocturne animée, mais ce type d'accident rappelle les risques liés aux établissements festifs mal sécurisés.
Les premières investigations menées par les autorités thaïlandaises, relayées par le Bangkok Post, ont révélé que l'incendie aurait été déclenché par un court-circuit électrique dans un climatiseur installé au plafond du bar. Un court-circuit désigne un contact anormal entre deux parties d'un circuit électrique, provoquant une surchauffe et souvent un départ de feu. Dans ce cas précis, le climatiseur, appareil servant à rafraîchir l'air, était situé près des fenêtres et de la porte d'entrée. La propagation rapide des flammes a été facilitée par deux facteurs : la présence d'une mousse combustible recouvrant le plafond, ainsi que des éléments de décoration hautement inflammables installés sur la scène. Une mousse combustible est un matériau qui s'enflamme facilement, tandis qu'un élément inflammable désigne tout objet ou substance capable de prendre feu rapidement.
Lorsqu'un incendie se déclare dans un lieu public, les issues de secours deviennent cruciales pour évacuer rapidement les personnes présentes. Dans ce bar de Bangkok, les clients se sont retrouvés face à un mur de flammes bloquant l'accès à la rue, près des fenêtres et de la porte d'entrée. Ils ont alors cherché à se réfugier vers le fond du bâtiment, où se trouvaient les toilettes. Or, les toilettes constituent souvent un piège mortel dans ce type de situation. En effet, elles sont généralement dépourvues de fenêtres ou n'en possèdent que de très petites, ce qui empêche une évacuation rapide et favorise l'accumulation de fumées et de gaz toxiques. Les fumées, composées de particules et de substances chimiques, peuvent asphyxier en quelques minutes, tandis que les gaz toxiques, comme le monoxyde de carbone, sont invisibles mais mortels.
L'enquête a révélé que l'établissement disposait de deux issues de secours, mais que leur efficacité était compromise. La première sortie, située près des cuisines, était obstruée par des caissons et des étagères, empêchant toute évacuation. La seconde, proche des toilettes, était quant à elle verrouillée, ce qui la rendait inaccessible en cas d'urgence. De plus, les panneaux lumineux indiquant les sorties de secours ne fonctionnaient pas. Un panneau lumineux est un dispositif éclairé servant à guider les personnes vers les issues de secours en cas de problème. Ces défaillances ont grandement contribué à l'ampleur du drame. En Thaïlande, les normes de sécurité dans les établissements nocturnes sont souvent appliquées avec laxisme, c'est-à-dire de manière négligente ou peu rigoureuse.
Face à ce drame, les autorités thaïlandaises ont réagi rapidement. L'administration métropolitaine de Bangkok a annoncé qu'elle allait **réexaminer la réglementation** encadrant les matériaux autorisés pour la construction et la décoration des lieux de divertissement et des restaurants. Une réglementation désigne l'ensemble des règles et lois qui encadrent une activité ou un secteur. Le Premier ministre thaïlandais a, quant à lui, ordonné une **inspection** de tous les établissements nocturnes du pays dans un délai de trente jours. Une inspection consiste à vérifier le respect des normes de sécurité et d'hygiène. Ce drame rappelle un incendie similaire survenu en 2009 à Bangkok, où une boîte de nuit avait fait 67 morts et plus de 200 blessés, soulignant les lacunes persistantes en matière de sécurité dans le pays.

