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Généraliste

Carney et le Québec, sourires et canines

Le Devoir · mis à jour il y a 1 j

La bonne humeur à Ottawa semble proportionnelle au nombre de sièges manquants à PSPP..

Rencontre Canada-Québec

Le premier ministre canadien Mark Carney et le chef du Parti québécois Paul St-Pierre Plamondon (PSPP) ont eu une première conversation téléphonique après le retour au pouvoir des indépendantistes québécois. Les deux hommes ont échangé des propos positifs, selon les comptes rendus officiels. Carney aurait rassuré PSPP en indiquant qu’une hausse immédiate de l’immigration n’était pas prévue, malgré une déclaration récente suggérant un contrôle accru. Cette rencontre s’inscrit dans un contexte où le Parti québécois (PQ) a obtenu moins de sièges que nécessaire pour former une majorité, limitant son pouvoir immédiat. La bienveillance affichée par Carney et les ministres fédéraux pourrait refléter cette situation politique, tout en préparant le terrain pour des négociations futures.

Monarchie et Constitution

Paul St-Pierre Plamondon a annoncé son intention d’abolir la monarchie au Québec, une mesure qui pourrait créer une première escarmouche avec le gouvernement fédéral. La monarchie canadienne est représentée au Québec par une lieutenante-gouverneure, nommée par le premier ministre canadien. Ses pouvoirs incluent la signature des lois, mais cette fonction est encadrée par la Constitution canadienne, qui la rend difficile à modifier sans l’accord des autres provinces. Si le Québec adoptait une loi pour abolir la monarchie, les tribunaux fédéraux pourraient la déclarer anticonstitutionnelle. Mark Carney a deux options : laisser la Constitution s’appliquer ou proposer une réforme pour donner plus de légitimité à la lieutenante-gouverneure, par exemple en la nommant sur recommandation de l’Assemblée nationale québécoise.

Immigration et pouvoirs provinciaux

Le Québec souhaite obtenir davantage de pouvoirs en matière d’immigration, notamment pour fixer le nombre de travailleurs temporaires, comme le prévoyait une entente conclue en 1991 entre le premier ministre canadien Brian Mulroney et le premier ministre québécois Robert Bourassa. Cette entente a été rompue en 2014 par le gouvernement conservateur de Stephen Harper, qui a créé un nouveau programme fédéral de travailleurs temporaires. Cependant, le chef conservateur Pierre Poilievre s’est engagé en campagne électorale à transférer ce pouvoir au Québec. Mark Carney pourrait donc « réparer » cette décision en cédant une partie du contrôle sur l’immigration au Québec, ce qui serait politiquement stratégique pour désamorcer les tensions indépendantistes.

Train à grande vitesse Québec-Windsor

Mark Carney a annoncé que le projet de train à grande vitesse (TGV) Québec-Windsor se construirait malgré l’opposition du gouvernement québécois. Ce projet est soutenu par 56 % des députés fédéraux québécois (44 sur 78), principalement des libéraux, tandis que 61 % des députés québécois (78 sur 128) s’y opposent, incluant les péquistes et les conservateurs. Cette décision relance le débat sur la légitimité de « qui parle pour le Québec » : les députés fédéraux ou l’Assemblée nationale québécoise. Carney pourrait espérer que des élections anticipées dans les 18 à 24 mois, durée moyenne d’un gouvernement minoritaire, permettent l’arrivée d’un gouvernement plus favorable au projet.

Ce que ça pourrait changer

En réponse à un soutien à l’indépendance du Québec exprimé par **Elon Musk**, Mark Carney a déclaré que « l’avenir du Canada va être décidé par les Canadiennes et les Canadiens », sans mentionner les Québécois. Cette formulation suggère que Carney considère que le Québec ne peut décider seul de son avenir, une position qui s’inscrit dans la continuité historique du Canada. Il a également précisé que la règle démocratique de « 50 % + 1 » ne suffirait pas pour une sécession, ce qui implique que le Canada conserverait un droit de regard sur toute décision québécoise. Cette prise de position rappelle les tensions historiques entre le Québec et le reste du Canada, notamment depuis l’arrivée au pouvoir de **Pierre Trudeau** en 1968.

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