À sept mois de l'élection présidentielle, gauche et droite cherchent encore leur candidat: à quoi ressembleront les prochains mois?
L'élection se rapproche et les partis commencent à affûter leurs stratégies. Primaire à gauche, bataille pour le leadership au centre et à droite, candidatures bien établies du RN et de LFI: la rentrée politique ouvre une nouvelle phase de la course à l'Élysée..
L'élection présidentielle française est prévue les 18 avril et 2 mai 2027, soit dans sept mois à partir de la date de publication de l'article (15 septembre 2026). Cette élection se déroule en deux tours : le premier tour permet de départager les candidats, et les deux candidats arrivés en tête s'affrontent lors d'un second tour. En France, l'élection présidentielle est un scrutin universel direct où tous les citoyens de plus de 18 ans votent pour élire le président de la République pour un mandat de cinq ans. Le calendrier politique actuel est marqué par des primaires internes aux partis pour désigner leurs candidats respectifs, comme la primaire sociale-démocrate prévue les 9 et 10, puis 16 et 17 octobre 2026.
La gauche sociale-démocrate organise une primaire les 9 et 10 octobre, puis les 16 et 17 octobre 2026, pour désigner son candidat à l'élection présidentielle. Les électeurs concernés sont les adhérents du Parti socialiste (PS) et de Place publique, ainsi que les sympathisants prêts à payer 15 € pour voter. Plusieurs candidats sont en lice : Raphaël Glucksmann (cofondateur de Place publique), Olivier Faure (premier secrétaire du PS), Ségolène Royal, Jérôme Guedj, Philippe Brun, Emmanuel Maurel et Fabien Verdier. L'objectif est de proposer une candidature crédible face à Jean-Luc Mélenchon (La France Insoumise, LFI) et Marine Tondelier (Europe Écologie-Les Verts, EELV). Selon Pierre-Nicolas Baudot, maître de conférences en science politique, l'enjeu est de donner une incarnation à un électorat social-écologique actuellement divisé. Marine Tondelier, cheffe de file des Écologistes, a confirmé qu'elle ne suspendrait pas sa campagne malgré sa grossesse, mais le parti devra trancher entre son maintien et un ralliement à une autre candidature de gauche.
Au centre et à droite, deux candidats se distinguent pour représenter le camp présidentiel : Gabriel Attal (Renaissance, parti du président sortant) et Édouard Philippe (Horizons, parti de droite modérée). Ils cherchent à se différencier de l'héritage du président actuel tout en occupant un espace laissé vacant par la radicalisation de la droite traditionnelle. Édouard Philippe mise sur des positions fermes en matière d'immigration, comme en témoigne sa déclaration du 20 août 2026 à Mayotte où il a affirmé vouloir « fermer totalement les vannes de l'immigration ». Gabriel Attal, quant à lui, a sillonné la France tout l'été pour aborder les préoccupations quotidiennes des Français. Selon les sondages, Édouard Philippe apparaît comme le mieux placé pour affronter Marine Le Pen au second tour, devant Bruno Retailleau (candidat désigné des Républicains, LR) et Gabriel Attal. Les intentions de vote donnent Marine Le Pen en tête au premier tour avec 30 % à 38 % des voix, suivie par Édouard Philippe ou Jean-Luc Mélenchon.
Aux extrémités de l'échiquier politique, les candidatures sont déjà clairement définies. Jean-Luc Mélenchon (La France Insoumise, LFI) a officialisé sa candidature dès le 3 mai 2026 pour une quatrième campagne présidentielle, à l'âge de 75 ans. LFI mise sur une transformation du système politique et économique, avec des mesures fiscales fortes et une bifurcation écologique. Marine Le Pen (Rassemblement National, RN) a également officialisé sa candidature après la réduction de sa peine d'inéligibilité le 7 juillet 2026 dans l'affaire des assistants parlementaires européens. Son objectif est d'élargir sa base électorale vers la droite et une partie du centre droit, tout en gagnant en crédibilité auprès des milieux économiques et du patronat. Le RN a présenté un ticket Le Pen-Bardella et met en avant des positions modérées, comme la réduction du train de vie de l'État, lors du débat du Medef.
L'été 2026, marqué par des canicules et des préoccupations environnementales accrues, a influencé le débat politique. Selon le baromètre des priorités des Français du Cevipof, les questions liées à l'environnement, à la pollution et au climat sont passées de la dernière place en mars 2026 à la troisième place en septembre 2026, un niveau record en quinze ans. Tous les candidats intègrent désormais cette thématique dans leur programme, mais avec des approches différentes. À gauche, l'environnement est associé à la justice sociale, tandis qu'à droite, il est souvent présenté comme une écologie punitive ou technosolutionniste. Les candidats devront préciser leurs propositions face à la hausse des prix (2,4 % sur douze mois à fin août 2026 selon l'Insee), qui reste une préoccupation majeure des Français.
Face à la domination du Rassemblement National (RN) dans les sondages, une partie de la droite et du centre envisage un rassemblement pour éviter une division des voix. Fin août 2026, environ 200 élus locaux ont proposé une « primaire ouverte » de la droite et du centre. Cependant, cette idée divise : Laurent Wauquiez (président des députés LR) et David Lisnard (Nouvelle Énergie) y sont favorables, tandis qu'Édouard Philippe et Gabriel Attal s'y opposent. Bruno Retailleau (candidat LR) a déclaré ne pas y croire tout en n'excluant pas cette option. Pierre-Nicolas Baudot souligne que les primaires à droite ont souvent été perçues comme des sources de division, ce qui peut nuire à l'image des partis. Les partis politiques fonctionnent généralement en ciblant un espace électoral, en trouvant une incarnation, puis en définissant une ligne politique. Le RN et LFI ont déjà une longueur d'avance dans ce processus.

