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Culture

Faits divers au féminin

France Culture - Savoirs · mis à jour 28 sept.

Petite réflexion croisée sur deux objets qui font l'actualité : une nouvelle mise en scène de Les Bonnes de Jean Genet à la Comédie Française, et une série historico horrifique inspirée de l'affaire Lizzie Borden..

Deux œuvres inspirées

L’article analyse deux créations artistiques récentes qui s’inspirent de faits divers impliquant des femmes meurtrières. D’une part, la pièce de théâtre Les Bonnes de Jean Genet, mise en scène à la Comédie-Française, et d’autre part, la série Monstre : l’Histoire de Lizzie Borden de Ryan Murphy, diffusée sur Netflix. Ces œuvres explorent des thèmes communs comme la violence, la sexualité, les rapports de domination et les inégalités sociales. Jean Genet a écrit sa pièce en 1947, s’inspirant de l’affaire des sœurs Papin, qui avait marqué la France en 1933. Lizzie Borden, quant à elle, est une figure historique américaine accusée en 1892 du meurtre de son père et de sa belle-mère, mais acquittée faute de preuves.

Lizzie Borden : mythe et fiction

La série Monstre : l’Histoire de Lizzie Borden propose une réinterprétation romancée du double meurtre commis en 1892 à Fall River, aux États-Unis. Lizzie Borden, jeune femme de bonne famille, est présentée comme une meurtrière fragile mais déterminée, ayant agi avec l’aide de la domestique de la maison. La série adopte un style historico-gore et queer, mêlant horreur, érotisme et carnaval. Cependant, selon l’autrice, elle reste superficielle et ne parvient pas à approfondir les motivations réelles de Lizzie Borden. La série s’inscrit dans une esthétique typique de Ryan Murphy, connue pour ses productions mêlant fantastique et transgression.

Les Bonnes : profondeur psychologique

La pièce Les Bonnes de Jean Genet, créée en 1947, s’inspire de l’affaire des sœurs Papin, deux domestiques ayant assassiné leur employeuse et sa fille en 1933. Contrairement à la série, Genet ne raconte pas un crime réel, mais explore la psychologie de deux sœurs employées de maison, Claire et Solange, qui rejouent quotidiennement leur frustration et leur désir de vengeance contre leur maîtresse. La mise en scène actuelle à la Comédie-Française, réalisée par Carme Porticelli, utilise un décor de salle de bain bourgeoise pour illustrer les rapports de force et la cruauté entre les personnages. La pièce est décrite comme une œuvre moderne et dérangeante, qui dépasse le simple fait divers pour aborder des thèmes universels comme l’oppression et la libération.

Comparaison des approches

L’autrice souligne que Les Bonnes de Jean Genet offre une représentation plus profonde et moderne du meurtre au féminin que la série de Ryan Murphy. Genet utilise la langue comme outil de subversion, tandis que la série se contente d’effleurer les thèmes de la violence et de l’horreur sans les explorer véritablement. La pièce de théâtre est présentée comme une œuvre intemporelle, capable de transcender son époque, alors que la série, bien que visuellement ambitieuse, reste ancrée dans les codes de la pop culture contemporaine. L’article met en lumière la différence entre une approche artistique exigeante et une production grand public, qui privilégie le spectacle à la réflexion.

Ce que ça pourrait changer

La pièce *Les Bonnes* a été créée il y a quatre-vingts ans à la Comédie-Française, où elle avait suscité un scandale. Aujourd’hui, elle est toujours perçue comme une œuvre audacieuse, notamment sur la question du féminin et des rapports de domination. La série *Monstre : l’Histoire de Lizzie Borden*, quant à elle, s’inscrit dans une tendance récente des productions télévisuelles américaines qui revisitent des faits historiques avec une esthétique horrifique et queer. L’article souligne que, malgré leurs différences, ces deux œuvres partagent un même point de départ : l’exploration des tensions sociales et psychologiques à travers le prisme du crime féminin.

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