NapseflowNapseflow
Culture

Russie : les élections et la guerre

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 8 j

Opposition muselée, scrutin verrouillé… À l'approche des élections législatives en Russie, la guerre s'infiltre dans le quotidien et son coût, économique et humain, fragilise l'opinion. Ce scrutin sous contrôle permettra-t-il à Vladimir Poutine de réaffirmer la stabilité de l'État ?.

Élections russes contrôlées

Les élections législatives russes des 18 et 20 septembre 2026 sont organisées dans un cadre strictement contrôlé par le pouvoir. Le parti présidentiel, Russie Unie, est assuré de remporter une large victoire, tandis que le seul parti d'opposition autorisé, Iabloko, a été interdit. Ces élections visent à renouveler la Douma, la chambre basse du parlement russe, et à donner l'illusion d'une légitimité démocratique. Le scrutin se déroule dans un contexte de répression accrue contre toute forme d'opposition, avec une surveillance renforcée des médias et des réseaux sociaux. L'objectif est de maintenir Vladimir Poutine au pouvoir jusqu'en 2030, voire au-delà, en respectant les rituels électoraux tout en verrouillant le système politique.

Guerre et société russe

La guerre en Ukraine, qui dure depuis quatre ans et demi, pèse lourdement sur la société russe. Les infrastructures logistiques, les plateformes de commerce en ligne et les réseaux de communication sont régulièrement ciblés par des frappes ukrainiennes, perturbant le quotidien des citoyens. La population craint une nouvelle mobilisation forcée pour alimenter les combats, ce qui génère lassitude et inquiétude. Les élites économiques, quant à elles, s'inquiètent des pratiques prédatrices du pouvoir central, qui sapent la stabilité économique du pays. Ces tensions sociales et économiques fragilisent le pacte social entre le Kremlin et la population, mettant en lumière une baisse de popularité du pouvoir et un pessimisme croissant quant à l'avenir du pays.

Stratégie de Poutine

Vladimir Poutine mise sur une campagne électorale intense pour renforcer son image de leader incontesté. Il multiplie les déplacements sécurisés, prononce des discours exaltant le patriotisme et la pureté idéologique, et nie toute menace de mobilisation. Il instrumentalise même des symboles historiques, comme l'envoi d'ossements d'un prince du XIVe siècle sur le front du Donbass, pour galvaniser les troupes. Ces stratégies visent à masquer les signes d'érosion du soutien populaire et à maintenir l'unité nationale autour de sa personne. Pourtant, l'alourdissement de l'appareil répressif et la verticalisation du pouvoir pourraient compromettre davantage le dynamisme économique de la Russie, déjà fragilisé par les sanctions internationales et les coûts de la guerre.

Économie russe sous tension

L'économie russe montre des signes de résilience malgré les sanctions occidentales et les coûts élevés de la guerre. Cependant, cette résilience est fragile et repose en partie sur des pratiques prédatrices du pouvoir, comme des prélèvements forcés sur les entreprises ou des restrictions commerciales. Les élites économiques, autrefois proches du régime, expriment désormais des inquiétudes quant à la durabilité de ce modèle. La guerre a également perturbé les chaînes d'approvisionnement, entraînant des pénuries et une inflation élevée. Ces difficultés économiques, combinées à la lassitude de la population, pourraient affaiblir la légitimité du régime à long terme, même si Poutine parvient à maintenir son emprise sur le pouvoir à court terme.

Rôle des experts invités

L'émission s'appuie sur l'analyse de quatre experts pour décrypter la situation russe. Tatiana Kastouéva-Jean, directrice du Centre Russie/Eurasie de l'Ifri, apporte un éclairage sur la perception de l'Union européenne en Russie. Pierre Lévy, ancien ambassadeur de France à Moscou (2020-2024), partage son expérience du terrain et les dynamiques internes du pouvoir russe. Julien Vercueil, économiste spécialiste de la Russie, analyse la résilience économique du pays malgré les sanctions. Enfin, Lukas Aubin, auteur de Le sexe de Poutine, explore les dimensions genrées et culturelles du pouvoir poutinien. Leurs interventions permettent de comprendre les enjeux politiques, économiques et sociaux qui traversent la Russie en 2026.

Ce que ça pourrait changer

Alors que les élections russes se préparent, Vladimir Poutine participe au sommet des *BRICS* à New Delhi, en Inde, du 11 septembre 2026. Cet événement lui offre une tribune pour afficher ses relations avec des puissances comme la Chine, l'Inde et l'Iran, et contrer l'influence occidentale. Les BRICS, un groupe de pays émergents, cherchent à promouvoir un ordre mondial multipolaire, en opposition aux institutions dominées par l'Occident. Pour Poutine, ce sommet est l'occasion de démontrer que la Russie n'est pas isolée, malgré les sanctions et l'isolement diplomatique partiel. Cependant, la guerre en Ukraine et ses conséquences économiques pourraient limiter l'efficacité de cette stratégie à long terme.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.