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Pourquoi certaines personnes restent naturellement minces et en meilleure santé : un gène rare pourrait l'expliquer

Science & Vie · mis à jour il y a 19 j

Une mutation ultra-rare permettrait à certaines personnes de rester mince naturellement. Elle éteint un frein à la dépense énergétique et réduirait d'environ 60 % leur risque de maladie cardiométabolique..

Un gène rare protecteur

Des chercheurs ont identifié un gène rare, nommé ADCY3, qui pourrait expliquer pourquoi certaines personnes restent naturellement minces et en meilleure santé sans effort particulier. Ce gène joue un rôle dans la régulation du métabolisme, c’est-à-dire l’ensemble des processus chimiques qui maintiennent le corps en vie. Plus précisément, ADCY3 influence la façon dont le corps brûle les graisses et régule la sensation de faim. Les personnes porteuses de cette version rare du gène auraient donc un avantage : elles métabolisent mieux les aliments, stockent moins de graisses et ressentent moins la faim que la moyenne. Ce gène est présent chez environ 1 personne sur 500 dans la population générale, ce qui en fait une particularité rare mais significative.

Mécanismes biologiques clés

Le gène ADCY3 agit principalement dans le cerveau, plus précisément dans l’hypothalamus, une région qui contrôle la faim et la satiété. Il produit une protéine qui active une molécule appelée AMP cyclique (ou AMPc), un messager chimique essentiel pour transmettre les signaux de faim ou de satiété. Chez les personnes porteuses du gène rare, cette protéine est plus active, ce qui améliore la communication entre les cellules du cerveau et le reste du corps. Résultat : ces individus ont tendance à manger moins sans effort conscient, tout en brûlant davantage de calories au repos. Cette découverte a été faite grâce à l’étude de familles où plusieurs membres présentaient une minceur naturelle, ce qui a permis de remonter à ce gène spécifique.

Implications pour la santé

Les personnes porteuses du gène ADCY3 rare semblent également moins exposées à des problèmes de santé liés à l’obésité, comme le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires ou certains cancers. Une étude a montré que ces individus avaient un taux de graisse corporelle inférieur de 10 à 15 % en moyenne par rapport à la population générale. De plus, leur métabolisme de base (les calories brûlées au repos) est souvent plus élevé, ce qui les protège contre la prise de poids. Ces avantages ne signifient pas qu’ils sont immunisés contre toutes les maladies, mais leur risque est statistiquement réduit. Cette découverte ouvre des pistes pour comprendre pourquoi certaines personnes résistent mieux aux régimes ou aux tentations alimentaires.

Ce que ça pourrait changer

Cette découverte a été réalisée par une équipe internationale de chercheurs, dont des scientifiques de l’*Université de Cambridge* (Royaume-Uni) et de l’*Université de Copenhague* (Danemark). Les études ont porté sur des familles où plusieurs membres étaient naturellement minces, ce qui a permis d’identifier le gène *ADCY3* comme un facteur clé. Les chercheurs soulignent que cette découverte pourrait, à terme, mener à de nouveaux traitements contre l’obésité ou des maladies métaboliques. Cependant, il reste beaucoup à apprendre : ce gène n’explique pas à lui seul la minceur naturelle, et d’autres facteurs génétiques ou environnementaux jouent aussi un rôle. Les scientifiques envisagent désormais d’étudier comment activer artificiellement ce gène chez des personnes qui en sont dépourvues.

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