Fillette de 5 ans tuée à Gaza : l’armée israélienne reconnaît avoir tiré sur la voiture
Le corps de Hind Rajab a été retrouvé 10 jours plus tard, une fois les chars israéliens partis de la zone..
Le 29 janvier 2024, Hind Rajab, une fillette palestinienne de 5 ans, a été tuée lors d'un échange de tirs dans la bande de Gaza, un territoire palestinien sous blocus israélien depuis 2007. Son corps a été retrouvé 10 jours plus tard dans une voiture criblée de balles, avec ceux de six membres de sa famille et de deux secouristes du Croissant-Rouge palestinien, une organisation humanitaire similaire à la Croix-Rouge. Hind Rajab avait appelé les secours depuis cette voiture, où sa famille tentait de fuir la ville de Gaza, alors que l'armée israélienne avançait dans le nord du territoire. Son appel téléphonique désespéré, enregistré, a été utilisé dans un documentaire nommé aux Oscars intitulé La voix de Hind Rajab, ce qui a suscité une indignation internationale et des demandes d'enquête indépendante sur sa mort.
L'armée israélienne a finalement reconnu, le 29 janvier 2024, que ses soldats avaient ouvert le feu sur la voiture où se trouvait Hind Rajab. Selon l'armée, les tirs ont été effectués car le véhicule s'approchait des troupes en violation des consignes données aux habitants pour éviter les zones de combat. Cinq passagers ont été tués, dont quatre membres de la famille de Hind Rajab, tandis que deux personnes ont survécu : Hind Rajab et sa cousine Layan Hamada, âgée de 15 ans. L'armée a justifié ces tirs par la nécessité de protéger ses soldats, affirmant que le véhicule ne respectait pas les instructions de circulation dans une zone de guerre. Cette reconnaissance fait suite à des investigations menées après la diffusion des enregistrements de l'appel de Hind Rajab aux secours.
Après l'appel de Hind Rajab aux secours, une ambulance du Croissant-Rouge palestinien a été envoyée pour évacuer les victimes. Cependant, à son arrivée sur les lieux, un obus a été tiré en direction du véhicule, tuant les deux ambulanciers à bord. L'armée israélienne a expliqué que cette frappe était due à des manquements présumés dans la coordination du déplacement de l'ambulance, ce qui a conduit à l'ouverture d'une enquête criminelle sur cet incident. Les corps des victimes, dont celui de Hind Rajab, n'ont été retrouvés que 10 jours plus tard, une fois les chars israéliens partis de la zone. Cette attaque contre une ambulance, protégée par le droit international humanitaire, a provoqué une vive émotion internationale.
L'armée israélienne a annoncé l'ouverture d'une enquête criminelle sur la mort de Hind Rajab et sur d'autres incidents similaires, comme celui du 15 mars 2025 où 15 Palestiniens, dont du personnel médical et un employé de l'ONU, ont été tués lors de frappes sur des ambulances et véhicules de secours jugés suspects. Le ministère israélien des Affaires étrangères a souligné que ces enquêtes démontrent l'attachement d'Israël à l'État de droit, malgré le contexte de guerre contre des organisations djihadistes. Cependant, la Fondation Hind Rajab, une organisation basée à Bruxelles, a exprimé son manque de confiance dans ces enquêtes militaires, les jugeant insuffisantes pour garantir une véritable justice. D'autres organisations, comme Médecins sans frontières (MSF) et World Central Kitchen (WCK), ont également critiqué les conclusions des enquêtes israéliennes, réclamant des investigations indépendantes.
L'armée israélienne a clos deux dossiers concernant des frappes ayant tué des employés d'ONG. En novembre 2023, deux employés de MSF ont été tués dans un convoi à Gaza, et en avril 2024, sept employés de WCK ont péri lors d'une frappe. Les enquêtes israéliennes ont conclu qu'il n'y avait *aucun soupçon raisonnable de comportement criminel* dans ces cas. Ces décisions ont été vivement critiquées par les ONG concernées. Par exemple, José Andrés, fondateur de WCK, a qualifié cette décision d'*injuste et douloureuse*, tandis que l'ONG a jugé les conclusions *incompatibles avec la réalité* et demandé une enquête indépendante. En revanche, des mesures disciplinaires ont été recommandées contre des militaires impliqués dans la mort de deux membres de MSF à Khan Younès en février 2024, après qu'il a été établi que les soldats avaient ouvert le feu sur un bâtiment qu'ils croyaient être un objectif militaire.

