Allégations de racisme à Montréal-Nord : le SPVM doit « changer de culture », selon Dagher
Le corps de police montréalais a également confirmé que trois de ses agents étaient toujours suspendus..
En juin 2026, des allégations de racisme et de comportements discriminatoires ont été portées à l’encontre de 16 agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), plus précisément au poste de quartier 39 situé à Montréal-Nord. Ces accusations ont été révélées après des signalements internes par des collègues des agents concernés. Montréal-Nord est un quartier de Montréal connu pour sa diversité ethnoculturelle et ses tensions historiques avec les forces de l’ordre. Une commission de la sécurité publique de Montréal a organisé une conférence publique le 11 août 2026 pour faire le point sur la situation, en présence du directeur général du SPVM, Fady Dagher, et de hauts dirigeants de la ville.
Face à ces allégations, le SPVM a pris des mesures exceptionnelles. Les 16 policiers visés ont été désarmés et font l’objet de trois types d’enquêtes parallèles : une enquête criminelle pour évaluer d’éventuelles infractions, une enquête déontologique pour vérifier le respect des règles internes, et une enquête disciplinaire pour déterminer les sanctions internes. Trois agents restent suspendus, tandis que les autres ont été réaffectés à des tâches hors du quartier 39. Selon Fady Dagher, ces mesures constituent une première dans l’histoire du SPVM, marquant une volonté de transparence et de fermeté sans précédent.
Alba Stella Zuniga Ramos, présidente de la Commission de la sécurité publique, a exprimé son inquiétude face à ces événements, soulignant qu’ils étaient « préoccupants » et inattendus en 2026. Fady Dagher, directeur général du SPVM, a reconnu la gravité de la situation tout en insistant sur la nécessité d’un « changement de culture » au sein de l’institution. Il a précisé que ce type de transformation prendrait entre 7 et 10 ans et ne pouvait être porté par une seule personne. Il a également annoncé que de nouvelles mesures seraient présentées à l’automne 2026, élaborées en collaboration avec des partenaires externes.
Lors de la conférence, plusieurs résidents et militants de Montréal-Nord ont partagé leurs expériences traumatisantes avec la police, dénonçant un manque de changement dans les pratiques policières malgré les années. L’humoriste Eddy King, impliqué dans la communauté noire du quartier, a par exemple déclaré : « Depuis 30 ans, c’est toujours les mêmes enjeux. » Ces témoignages illustrent un sentiment de méfiance durable envers les forces de l’ordre dans ce quartier, où les tensions raciales et sociales sont récurrentes.
Le SPVM se trouve à un tournant critique, avec la nécessité de rétablir la confiance des citoyens, en particulier des communautés racisées. Les enquêtes en cours pourraient mener à des sanctions sévères, voire des poursuites, mais leur issue reste incertaine. Fady Dagher a insisté sur l’importance de la coconstruction des solutions avec des partenaires locaux pour éviter que ces problèmes ne se reproduisent. La situation à Montréal-Nord reflète des défis plus larges au Québec et au Canada concernant le profilage racial et les pratiques policières.

