Retour de Côte d'Ivoire / Assemblée générale des Nations Unies : miroir d'un monde en crise
Comme chaque vendredi, une émission d'actualité en deux parties : retour de terrain avec Lassane Zohoré, caricaturiste en Côte d'Ivoire, puis table-ronde sur l'Assemblée générale des Nations unies, le miroir d'un monde en crise..
Le 25 septembre 2026, l'émission Cultures Monde sur France Culture a diffusé un numéro spécial en deux parties. La première partie, intitulée L'art de la satire en Côte d'Ivoire, a duré 22 minutes et a été présentée par Lassane Zohoré, caricaturiste ivoirien et directeur de la publication du journal satirique Gbich!. La seconde partie, Table-ronde : l'Assemblée générale des Nations unies, miroir d'un monde en crise, a duré 28 minutes et a réuni trois experts : Lassane Zohoré, Franck Petiteville (professeur de science politique à l'IEP de Grenoble) et Anne-Cécile Robert (journaliste et juriste, directrice adjointe du Monde diplomatique). L'émission a été produite par Mélanie Chalandon, Julie Gacon et Barthélémy Gaillard, avec la réalisation de Vivian Lecuivre et la participation de Léane Hattermann et Fanny Richez.
Lassane Zohoré a partagé son expérience en tant que caricaturiste en Côte d'Ivoire, où la satire joue un rôle clé dans le débat public. Le journal Gbich!, qu'il dirige, est un exemple emblématique de cette tradition. Fondé dans les années 1990, ce média satirique utilise l'humour et la caricature pour critiquer les pouvoirs en place, tout en naviguant entre liberté d'expression et contraintes légales. Zohoré a souligné l'importance de ce média dans un contexte où la liberté de la presse est parfois menacée. Il a également évoqué les défis économiques et politiques auxquels sont confrontés les médias satiriques en Afrique de l'Ouest, notamment la censure et les pressions financières. L'émission a mis en lumière comment la satire, malgré ses risques, reste un outil puissant pour interroger les dirigeants et mobiliser l'opinion publique.
La table-ronde a analysé l'Assemblée générale des Nations unies (AGNU), qui s'est tenue du 22 au 24 septembre 2026 à New York. Cette session, la 81ᵉ de l'histoire de l'ONU, a réuni les représentants de 193 États membres pour discuter des crises mondiales. António Guterres, secrétaire général de l'ONU, a ouvert les débats en insistant sur la nécessité de renforcer la coopération internationale face aux défis globaux, comme les changements climatiques, les conflits armés et les inégalités économiques. Les intervenants ont souligné que cette AGNU reflétait un monde de plus en plus fragmenté, où les tensions géopolitiques (guerres en Ukraine, au Moyen-Orient, ou encore la crise au Sahel) rendent les consensus difficiles. Franck Petiteville a évoqué la montée des nationalismes et le déclin relatif de l'influence des institutions multilatérales, tandis qu'Anne-Cécile Robert a pointé du doigt l'absence de solutions concrètes pour des problèmes comme la dette des pays du Sud ou les migrations forcées.
L'émission a également abordé les crises locales qui résonnent à l'échelle mondiale. Par exemple, le Premier ministre népalais Balendra Shah a utilisé la tribune de l'ONU pour alerter sur les inondations meurtrières au Népal, qui ont causé des centaines de morts en septembre 2026. Ces catastrophes naturelles, aggravées par le réchauffement climatique, illustrent l'interdépendance des défis : un pays en développement peut subir des pertes humaines et économiques dévastatrices, tandis que les pays riches, principaux émetteurs de gaz à effet de serre, peinent à tenir leurs engagements financiers pour l'adaptation climatique. Les intervenants ont souligné que ces crises locales, bien que moins médiatisées, sont des indicateurs des déséquilibres globaux et devraient inciter à une action internationale plus coordonnée.
L'émission a exploré le rôle des médias dans la couverture des crises internationales. Anne-Cécile Robert a rappelé que la presse joue un double rôle : informer le public et faire pression sur les décideurs politiques. Cependant, elle a aussi pointé les limites de cette influence, notamment dans un contexte de polarisation médiatique et de désinformation. Franck Petiteville a ajouté que la diplomatie, traditionnellement perçue comme un outil de résolution des conflits, semble aujourd'hui en crise. Les négociations multilatérales sont souvent bloquées par des intérêts nationaux divergents, et les organisations internationales comme l'ONU peinent à imposer des solutions. Lassane Zohoré a conclu en insistant sur l'importance de la satire comme contre-pouvoir, capable de contourner les discours officiels et de révéler des vérités inconfortables.

