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Les bactéries présentes dans votre bouche seraient liées à la vitesse à laquelle votre cerveau réfléchit

Presse-Citron · mis à jour il y a 20 j

Les microbes qui colonisent votre bouche, et, a fortiori, votre langue sont indispensables à votre organisme : ils aident à la digestion, vous protègent des infections buccales ou dentaires, et plus surprenant encore, impactent vos performances cognitives..

Bactéries et cerveau

Votre bouche abrite des centaines d’espèces de bactéries, formant un écosystème complexe. Certaines, comme Prevotella histicola, pourraient influencer la vitesse à laquelle votre cerveau traite l’information. Une étude menée par des chercheurs des universités d’Exeter (Royaume-Uni) et libre de Bruxelles (Belgique) a exploré ce lien. Les bactéries présentes sur la langue transforment les nitrates, issus d’aliments comme la betterave ou les épinards, en nitrites. Ces derniers rejoignent la circulation sanguine et favorisent la production de monoxyde d’azote (NO), une molécule qui dilate les vaisseaux sanguins, améliorant ainsi la circulation sanguine, y compris vers le cerveau. Ce mécanisme, connu depuis les années 2000, n’avait jamais été étudié en lien avec les fonctions cognitives jusqu’à présent.

Étude sur 60 adultes

Pour évaluer ce lien, les chercheurs ont recruté 60 adultes en bonne santé, répartis en deux groupes : 30 personnes dans leur vingtaine et 30 âgées de 60 à 70 ans. Chaque participant a passé des tests cognitifs mesurant la mémoire, l’attention, la vitesse de traitement de l’information et la reconnaissance des émotions. Parallèlement, des prélèvements sanguins, salivaires et un frottis lingual ont été réalisés pour identifier les bactéries présentes. Les résultats montrent que les participants répondant plus rapidement aux tests cognitifs hébergeaient davantage de Prevotella histicola. Une autre bactérie, Haemophilus parainfluenzae, impliquée dans la conversion des nitrates en nitrites, était aussi présente, mais son impact variait selon les pays, probablement en raison de différences dans la composition du microbiome.

Âge et microbiome

L’âge reste le facteur le plus déterminant dans les performances cognitives, mais le microbiome lingual évolue aussi avec le temps. Chez les participants âgés, les bactéries Treponema et Tannerella, typiques des maladies des gencives, étaient surreprésentées. Ces bactéries entretiennent une inflammation buccale chronique qui peut se propager à l’organisme. Chez les jeunes adultes, c’est Neisseria flavescens, une bactérie participant à la conversion nitrate-nitrite, qui dominait. Cette évolution suggère que le vieillissement modifie l’écosystème buccal, réduisant potentiellement la production de monoxyde d’azote, bénéfique pour l’irrigation sanguine du cerveau.

Ce que ça pourrait changer

Cette étude, publiée le 5 octobre 2026 dans la revue *PLOS ONE*, présente deux limites majeures. D’abord, la taille réduite de l’échantillon (60 participants issus de deux pays) rend difficile l’extrapolation des résultats. Ensuite, le protocole n’a pas contrôlé des facteurs influençant le microbiome, comme l’alimentation, l’activité physique, le sommeil ou les traitements médicamenteux. Les chercheurs reconnaissent qu’il existe un lien statistique entre certaines bactéries et les performances cognitives, mais ils ne peuvent pas établir de relation de cause à effet. Si cette hypothèse était confirmée par des études plus larges, elle pourrait ouvrir la voie aux **pistes thérapeutiques** pour prévenir le déclin cognitif en analysant le microbiome lingual.

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