L’idée de Donald Trump de prélever à son tour un “péage” à Ormuz suscite la stupeur dans la région
Les États-Unis étaient traditionnellement les garants de la libre navigation internationale, notamment à travers les détroits. Or, l’instauration d’une taxe de 20 % sur les passages dans le détroit d’Ormuz, annoncée par le président américain, est une rupture fondamentale de cette règle.
Le président américain Donald Trump a proposé le 13 juillet 2026 de prélever un péage de 20 % sur toutes les cargaisons passant par le détroit d'Ormuz, une voie maritime stratégique reliant le golfe Persique au golfe d'Oman. Ce détroit est un point de passage essentiel pour le transport mondial de pétrole, avec environ 20 % du pétrole mondial transitant par cette route. Jusqu'à présent, les États-Unis critiquaient les tentatives de l'Iran de contrôler ou de taxer ce passage. Cette proposition de Trump, qualifiée d'étonnamment similaire par le site Al-Monitor, suscite une vive réaction internationale. Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, avait pourtant affirmé que aucun pays n'est autorisé à collecter des droits de passage sur une voie de navigation internationale, selon le New York Times.
La proposition de Trump a provoqué des réactions contrastées. L'Iran, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, a ironisé en déclarant que vingt pour cent sont évidemment trop, ajoutant que son pays serait plus équitable. Dans les pays du Golfe, comme les Émirats arabes unis, cette annonce est perçue comme une revendication concurrente, selon le quotidien émirati Khaleej Times. Les tensions sont d'autant plus vives que des missiles iraniens ont touché deux tankers émiratis dans le détroit d'Ormuz, une attaque confirmée par le ministère de la Défense des Émirats. Cette situation illustre la complexité des relations régionales et la difficulté à trouver un équilibre stable.
Dans ce contexte tendu, le journal émirati The National estime que dans un monde idéal, l'Europe pourrait jouer un rôle central pour rassembler les pays dépendant de la libre navigation dans le détroit d'Ormuz. Cette voie est cruciale pour de nombreux États, y compris ceux qui importent des engrais pour éviter des famines, comme le souligne le journal. L'Europe a déjà soutenu une coalition navale franco-britannique pour garantir la libre circulation, mais elle manque encore d'une stratégie viable et n'a pas alloué les ressources nécessaires pour endosser ce rôle de garante des règles internationales. Sa capacité à agir reste donc limitée.
La crise autour du détroit d'Ormuz est entrée dans une nouvelle phase, selon l'éditorial du journal omanais Oman Daily. Il ne s'agit plus seulement de blocages ou de menaces ponctuelles, mais de la définition des règles futures de la navigation internationale dans cette zone. Le journal insiste sur la nécessité d'établir un cadre stable qui résiste aux crises récurrentes, comme les tensions entre Washington et Téhéran sur le dossier nucléaire ou les conflits régionaux au Liban et à Gaza. Sans cela, chaque crise ramènera la situation à son point de départ. Les règles actuelles des détroits internationaux visent à éviter qu'un pays riverain n'exerce un pouvoir absolu sur cette voie de navigation.
Le sultanat d'Oman, dirigé par Mascate, pourrait jouer un rôle majeur dans la résolution de cette crise. Le pays a déjà démontré sa capacité à maintenir un *corridor maritime ouvert et gratuit* près de ses côtes, garantissant la continuité de la navigation. Grâce à cette expérience, Oman est perçu comme un acteur neutre et expérimenté, capable de faciliter un futur règlement. Le journal *Oman Daily* souligne que le pays a *acquis une expérience* qui le prédispose à endosser cette responsabilité. Cette position s'inscrit dans une tradition diplomatique omanaise axée sur la médiation et la stabilité régionale.

