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Société

Utiliser l'IA pour écrire un roman, c'est comme se doper au sport

Slate FR · mis à jour il y a 12 j

[BLOG You Will Never Hate Alone] L'IA est un poison mortel pour la littérature. Quiconque s'en sert la décrédibilise et porte atteinte à sa grandeur..

Écriture comme combat intérieur

L'auteur défend l'idée que l'écriture d'un roman est avant tout un processus intime et une lutte personnelle où l'écrivain affronte ses propres obsessions, ses doutes et ses vertiges intérieurs. Selon lui, écrire n'est pas un simple divertissement ou une activité créative superficielle, mais une nécessité vitale qui répond à un besoin profond de l'auteur. Il décrit cette démarche comme un combat contre soi-même, où chaque mot doit refléter l'essence même de l'écrivain. L'écriture est présentée comme une respiration haletante d'une âme tourmentée, motivée par des émotions comme la rage ou l'indignation face à l'absurdité de la vie. L'auteur insiste sur le fait que ce processus ne peut être remplacé ou facilité par un outil extérieur, car il est intrinsèquement lié à l'authenticité et à la solitude de l'écrivain.

Authenticité vs efficacité

L'article oppose deux visions de l'écriture : celle de l'authenticité, où chaque phrase et chaque mot sont le reflet fidèle des pensées et des émotions de l'auteur, et celle de l'efficacité, où l'utilisation d'outils externes comme l'intelligence artificielle (IA) pourrait améliorer la productivité ou la qualité technique du texte. L'auteur argue que l'authenticité est ce qui donne sa valeur à une œuvre littéraire, car elle permet à l'écrivain de se reconnaître dans son propre travail. À l'inverse, l'efficacité obtenue par l'IA risquerait de transformer l'écriture en un objet destiné à plaire, plutôt qu'en une création personnelle et sincère. Il souligne que l'IA pourrait perturber l'ordonnancement des pensées de l'auteur, altérant ainsi la cohérence et la profondeur de l'œuvre.

IA et perte de légitimité

L'utilisation de l'IA pour écrire un roman est comparée à une tricherie, car elle prive l'auteur de la victoire sur lui-même qui caractérise la création littéraire. L'auteur considère qu'un écrivain utilisant une IA cesse d'être un véritable écrivain, car il ne peut revendiquer comme sien un texte généré en partie par une machine. Cette pratique est décrite comme une collaboration par procuration, où l'auteur délègue une partie de son travail créatif à un tiers, même si celui-ci est une technologie. L'article souligne que l'IA ne permet pas de surmonter les défis personnels et émotionnels inhérents à l'écriture, mais offre seulement une solution de facilité, éloignant l'auteur de l'essence même de son métier.

Dopage littéraire et déchéance

L'IA est comparée au dopage dans le sport, où des athlètes utilisent des substances pour améliorer leurs performances de manière artificielle. L'auteur cite l'exemple de Lance Armstrong, cycliste dont la carrière a été marquée par des scandales de dopage, pour illustrer comment une victoire obtenue par des moyens illégitimes finit par être une supercherie. De la même manière, un roman écrit avec l'aide de l'IA serait une œuvre dont la valeur est illusoire, car elle ne reflète pas le talent, l'effort et la persévérance de l'auteur. L'article insiste sur le fait que la littérature n'a pas de victoires mesurables, mais seulement des combats intérieurs qui forgent l'écrivain et donnent une légitimité à son œuvre.

Solitude et création littéraire

L'auteur défend l'idée que l'écriture est un acte de solitude absolue, où l'écrivain est seul face à lui-même et à ses pensées les plus profondes. Cette solitude est présentée comme une condition nécessaire à la création d'une œuvre authentique et significative. L'IA, en intervenant dans ce processus, risquerait de briser cette solitude et de transformer l'écriture en une activité collective, où l'auteur perd le contrôle sur son propre travail. L'article souligne que la littérature est un lieu privilégié où deux solitudes (celle de l'auteur et celle du lecteur) se répondent et se comprennent, et que cette dynamique serait altérée par l'utilisation de l'IA.

Ce que ça pourrait changer

L'écriture est décrite comme une *souffrance heureuse*, un processus exigeant qui nécessite des mois, voire des années, de lutte acharnée contre ses propres doutes et ses angoisses. L'auteur évoque les *heures blanches*, ces moments de blocage où l'écrivain ne parvient pas à avancer, comme une épreuve incontournable de la création littéraire. Cette souffrance est présentée comme le prix à payer pour que la littérature reste un art authentique et précieux. L'article conclut que l'utilisation de l'IA pour écrire un roman reviendrait à renoncer à cette souffrance, et donc à la valeur même de l'écriture, en privilégiant la facilité et l'efficacité au détriment de l'authenticité et de la profondeur.

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