États-Unis, Royaume-Uni
En Allemagne, l’ONG HateAid vient de déposer plainte contre Meta, Ray-Ban et Oakley, critiquant les atteintes à la vie privée que permettent leurs lunettes « intelligentes ». Une pierre de plus dans le jardin de Meta, dont les lunettes sont de plus en plus vivement critiquées par le public, et désormais interdites par divers acteurs privés et […].
Les lunettes connectées de Meta, notamment les Ray-Ban, sont au cœur d’une polémique croissante en raison de leurs fonctionnalités d’enregistrement. Ces lunettes, équipées de caméras, permettent à leur porteur de photographier ou filmer son environnement sans que les personnes autour ne soient informées ou aient donné leur accord. Un petit voyant lumineux signale l’enregistrement, mais il n’est pas toujours visible ou compris par les passants. Cette absence de consentement explicite des personnes filmées a valu aux lunettes le surnom de « spyware » (logiciel espion en français), un terme désignant des outils capables de collecter des données à l’insu des utilisateurs ciblés. En Allemagne, l’association Hate Aid, spécialisée dans la défense des droits numériques, a même déposé une plainte contre Meta pour cette raison. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, plusieurs lieux publics ou privés ont déjà interdit leur port, reflétant une défiance grandissante envers ces dispositifs.
Depuis leur lancement en 2023, les lunettes intelligentes de Meta font l’objet de campagnes publicitaires agressives, principalement via des créateurs de contenu actifs sur les réseaux sociaux. En France, des influenceurs comme Léa Elui, Louise Aubery, Théo Babac ou le rappeur PLK ont participé à la promotion de ces lunettes en 2025. En 2026, Meta a renforcé sa stratégie en signant un partenariat de plusieurs années avec le Festival de Cannes, permettant à des célébrités et créateurs de contenu de porter ces lunettes lors de l’événement. Cette collaboration vise à normaliser l’usage des lunettes connectées dans des contextes médiatiques et culturels, tout en les associant à des personnalités influentes pour en accroître l’attractivité. Cependant, cette visibilité accrue coïncide avec une montée des critiques concernant leur usage intrusif.
Face à la grogne suscitée par les lunettes Meta, un nombre croissant d’établissements et de lieux publics ou privés aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne ont décidé d’en interdire le port. Ces mesures visent à protéger la vie privée des individus et à éviter les enregistrements non consentis. En Allemagne, l’association Hate Aid a même engagé une action en justice contre Meta, soulignant les risques liés à l’utilisation de ces lunettes dans l’espace public. Ces interdictions reflètent une prise de conscience collective des dangers potentiels de ces dispositifs, notamment en termes de surveillance de masse et de violation des droits à l’image. Les autorités locales et les gestionnaires de lieux privés semblent privilégier des mesures préventives pour éviter les conflits ou les abus.
La contestation contre les lunettes Meta s’est matérialisée de manière virale sur les réseaux sociaux, notamment au Royaume-Uni, où une fausse publicité placardée sur un arrêt de bus londonien a marqué les esprits. Cette affiche, représentant Jeffrey Epstein portant les lunettes Meta, a été largement partagée en ligne. Elle illustre les craintes liées à l’utilisation de ces dispositifs, souvent associés à des outils de surveillance intrusive ou de collecte de données non éthique. Ce symbole de la grogne contre Meta montre comment une simple image peut cristalliser les inquiétudes d’une partie de la population face aux avancées technologiques, surtout lorsqu’elles touchent à des questions aussi sensibles que le consentement et la vie privée.

