Aux États-Unis, des jeunes garçons utilisent les lunettes Meta pour harceler des filles dans les collèges et lycées
Une monture ordinaire cache désormais une caméra capable de tout enregistrer sans qu'on le remarque. Dans les couloirs des écoles américaines, des garçons s'en servent pour filmer les filles à leur insu.
Aux États-Unis, des collégiens et lycéens utilisent les lunettes Meta (anciennement Google Glass), des lunettes connectées équipées d'une caméra et d'un écran, pour filmer ou photographier des filles sans leur consentement dans les établissements scolaires. Ces lunettes, commercialisées par Meta (maison mère de Facebook), permettent de capturer des images ou des vidéos discrètement grâce à leur design discret et leur intégration technologique. Le phénomène concerne principalement des établissements secondaires, où des groupes de garçons auraient adopté cette pratique pour humilier ou intimider leurs camarades féminines. Les victimes rapportent des situations de stress accru et une atteinte à leur vie privée, tandis que les harceleurs exploitent la technologie pour contourner les règles de surveillance habituelles dans les écoles.
Les lunettes Meta sont des dispositifs de réalité augmentée conçus pour superposer des informations numériques au champ de vision de l'utilisateur. Lancées en 2013 sous le nom de Google Glass avant d'être reprises par Meta, elles intègrent une caméra, un microphone, un écran miniature et une connexion internet. À l'origine, ces lunettes étaient destinées à des usages professionnels ou ludiques, comme la navigation, la prise de notes ou les jeux vidéo. Cependant, leur utilisation détournée dans les collèges et lycées américains révèle un problème sociétal : la technologie, initialement conçue pour faciliter la vie quotidienne, peut être mal employée pour des actes malveillants. Les établissements scolaires, déjà confrontés à des défis liés au cyberharcèlement, doivent désormais gérer cette nouvelle forme d'intrusion technologique.
Les filles ciblées par ces actes rapportent des conséquences psychologiques et sociales importantes. Le harcèlement via les lunettes Meta peut prendre plusieurs formes : diffusion de vidéos ou d'images intimes sans consentement, moqueries en ligne ou en présentiel, ou encore création de rumeurs. Ces situations génèrent un climat de méfiance et de peur dans les établissements, où les élèves se sentent surveillés en permanence. Les victimes peuvent développer de l'anxiété, une baisse de l'estime de soi ou des troubles du sommeil. Les écoles américaines, déjà sous pression pour lutter contre le harcèlement, doivent adapter leurs protocoles pour inclure ces nouvelles technologies et sensibiliser les élèves aux risques liés à l'usage détourné des outils connectés.
Face à cette tendance, plusieurs établissements scolaires américains ont renforcé leurs mesures de sécurité et de surveillance. Certaines écoles interdisent désormais le port des lunettes Meta ou d'autres dispositifs similaires sur leur campus, tandis que d'autres organisent des ateliers de sensibilisation pour éduquer les élèves sur les usages responsables de la technologie. Les autorités locales et les associations de protection de l'enfance appellent à une collaboration entre les écoles, les parents et les plateformes technologiques pour prévenir ces dérives. Cependant, la tâche est complexe, car les harceleurs utilisent souvent des méthodes pour contourner les restrictions, comme désactiver les notifications ou masquer l'appareil.
Ce phénomène soulève des questions éthiques et juridiques majeures. Aux États-Unis, le harcèlement via des dispositifs technologiques est déjà couvert par des lois fédérales et locales, comme le *Title IX* (interdisant les discriminations fondées sur le genre dans les établissements scolaires) ou des législations spécifiques contre le *revenge porn* (diffusion d'images intimes sans consentement). Cependant, l'utilisation des *lunettes Meta* complique l'application de ces lois, car les actes sont souvent commis de manière furtive et difficile à prouver. Les experts appellent à une mise à jour des cadres juridiques pour mieux protéger les victimes et sanctionner les harceleurs, tout en garantissant un équilibre avec les libertés individuelles et l'innovation technologique.

