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Donald Trump nomme un tsar de l’IA et crée une Super Intelligence Force

Next.ink · mis à jour 5 oct.

Donald Trump a annoncé dimanche que Jay Clayton, directeur du renseignement national, devenait son nouveau tsar de l’IA, en charge du pilotage d’une nouvelle Super Intelligence Force (SIF). Cette dernière est chargée de rendre d’ici 120 jours un rapport sur les risques et les opportunités de l’intelligence artificielle.

Nouveau rôle de Jay Clayton

Jay Clayton, nommé en juin 2026 directeur du renseignement national aux États-Unis, se voit attribuer une nouvelle fonction : celle de « tsar de l’IA ». Ce titre, inspiré des tsars russes (autrefois conseillers spéciaux des empereurs), désigne ici un conseiller présidentiel dédié à l’intelligence artificielle. Clayton cumule ainsi cette mission avec sa supervision du renseignement national, ce qui lui confère un rôle central dans la stratégie américaine sur l’IA. Son objectif principal est de piloter une nouvelle entité, la Super Intelligence Force (SIF), chargée de coordonner les actions du gouvernement fédéral en matière d’IA. Trump utilise le terme de « super intelligence » pour désigner ces technologies, qu’il considère comme plus transformatrices que la révolution industrielle ou Internet. La création de ce poste s’inscrit dans une volonté de maintenir la domination des États-Unis face à la Chine dans ce domaine stratégique.

Création de la SIF

La Super Intelligence Force (SIF) est une nouvelle agence fédérale annoncée par Donald Trump le 5 octobre 2026 sur son réseau social Truth Social. Sa mission consiste à coordonner les efforts du gouvernement américain pour encadrer et développer l’IA, tout en garantissant que les États-Unis restent leaders mondiaux dans ce secteur. La SIF ne dispose pas de pouvoirs réglementaires directs, mais doit formuler des recommandations dans un délai de 120 jours, extensible si nécessaire. Elle est dirigée par Jay Clayton, assisté de trois vice-présidents : Andrew Ferguson (président de la FTC, l’autorité américaine de protection des consommateurs), Scott Kupor (directeur de l’Office of Personnel Management, l’agence fédérale gérant la fonction publique) et Emil Michael (sous-secrétaire à la Défense chargé de la recherche et de l’ingénierie). Ce comité rendra directement des comptes au président Trump et à sa cheffe de cabinet, Susie Wiles. L’objectif affiché est de concilier innovation et gestion des risques, sans étouffer la concurrence ni imposer une surréglementation.

Modèle d’évaluation des risques

La SIF s’appuiera sur un modèle d’évaluation des risques pour les technologies de l’IA, élaboré en collaboration avec les entreprises du secteur. Ce modèle s’inspire des méthodes déjà utilisées par la SEC (le gendarme de la Bourse américaine) et la Réserve fédérale pour superviser les marchés financiers. L’idée est de créer un cadre flexible où les acteurs privés conçoivent eux-mêmes des outils pour identifier et atténuer les dangers liés à l’IA, comme les cyberattaques ou les risques biologiques ou chimiques. La SIF agira alors comme un intermédiaire, transmettant ces évaluations aux autorités pour d’éventuelles actions futures. Cette approche vise à éviter une régulation trop stricte qui pourrait freiner l’innovation. Le document fondateur de la SIF souligne l’importance de prévenir les menaces sans étouffer la compétitivité américaine.

Accord non contraignant avec les géants de l’IA

Le 29 septembre 2026, Donald Trump a organisé un dîner avec les dirigeants des principales entreprises d’IA américaines, aboutissant à la signature d’un accord non contraignant. Cet accord engage les acteurs du secteur à renforcer leurs propres contrôles pour surveiller les risques liés à leurs modèles d’IA les plus avancés. Les entreprises s’engagent également à ouvrir leurs systèmes à des audits externes, une mesure visant à rassurer l’opinion publique sur la sécurité de ces technologies. Cet accord s’inscrit dans la stratégie de Trump, qui refuse toute régulation stricte de l’IA pour préserver la compétitivité des États-Unis face à la Chine. Cependant, cette approche suscite des interrogations sur son efficacité réelle, alors que les craintes du public concernant l’IA (cybersécurité, impact sur l’emploi, etc.) continuent de croître.

Contexte politique et enjeux

La création de la SIF intervient dans un contexte politique marqué par une montée des inquiétudes aux États-Unis concernant l’IA. Ces craintes se traduisent par des protestations locales contre l’implantation de nouveaux datacenters (centres de données nécessaires au fonctionnement des IA), devenus un sujet électoral majeur. Les citoyens s’inquiètent également des risques liés à la cybersécurité ou à l’utilisation malveillante de l’IA, par exemple pour des attaques chimiques ou biologiques. Plusieurs conseillers de Trump, dont sa cheffe de cabinet Susie Wiles et le secrétaire au Trésor Scott Bessent, soutiennent l’idée d’un contrôle gouvernemental pour répondre à ces préoccupations. Cette approche vise à apaiser l’opinion publique, tout en évitant une régulation trop lourde qui pourrait freiner l’innovation. Cependant, cette stratégie pourrait aussi alimenter les critiques des défenseurs de la vie privée, notamment en raison de la proximité entre le renseignement national et les politiques fédérales en matière d’IA.

Ce que ça pourrait changer

La double casquette de Jay Clayton, à la fois directeur du renseignement national et *tsar de l’IA*, soulève des questions sur la concentration des pouvoirs et la protection des données personnelles. Treize ans après les révélations d’Edward Snowden sur la surveillance de masse par les agences de renseignement, cette nouvelle structure crée une proximité inédite entre le monde du renseignement et les politiques fédérales en matière d’IA. Certains observateurs, comme le média *Politico*, s’interrogent sur les risques pour la vie privée et la transparence. Par ailleurs, la SIF, bien que présentée comme un outil de coordination, reste limitée à un rôle consultatif. Son efficacité dépendra de sa capacité à convaincre les entreprises de collaborer et à rassurer le public, alors que les craintes liées à l’IA persistent. La question de son indépendance et de son impartialité pourrait également être soulevée, compte tenu de son rattachement direct à la présidence.

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