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Succession de Gianni Infantino à la FIFA : n’importe qui sauf le Canadien!

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 20 j

Victor Montagliani n'est pas un modèle de bonne gouvernance, écrit Martin Leclerc..

Fin proche d'Infantino

Gianni Infantino, président de la FIFA, devrait quitter son poste d’ici mars 2027, probablement sous la pression des scandales. Son départ est lié à une tentative controversée de privatisation de 21 % des droits commerciaux de la FIFA, vendus secrètement au fonds d’investissement Thrive Capital dirigé par Joshua Kushner, frère du gendre de Donald Trump. Cette opération, chiffrée à 4,2 milliards de dollars, a été menée à l’insu des 211 associations nationales membres de la FIFA. Infantino a tenté d’imposer ce plan en menaçant de priver ces associations de revenus, mais la révolte a été immédiate, notamment de la part de l’UEFA, l’instance européenne du football.

Révolte de l'UEFA

L’UEFA, qui regroupe 55 fédérations européennes, a réagi en annonçant un boycott des compétitions organisées par la FIFA et en retirant sa confiance à Infantino. Cette décision a scellé son sort, car sans les fédérations européennes, les Coupes du monde et le football international perdent une grande partie de leur valeur. L’UEFA a ensuite accepté de revenir dans les compétitions après l’abandon du projet de privatisation, mais a clairement indiqué que Infantino était condamné. Les dirigeants européens veulent aussi réformer les règles de gouvernance de la FIFA pour éviter qu’un seul dirigeant ne concentre trop de pouvoir et pour séparer l’administration de la FIFA de ses élus.

Projet de privatisation rejeté

Le projet de privatisation de la FIFA a été abandonné sous la pression des fédérations, notamment européennes. Infantino avait tenté de vendre 21 % des droits commerciaux de la FIFA à Thrive Capital pour 4,2 milliards de dollars, une opération qui aurait transformé un organisme à but non lucratif en une entreprise contrôlée par des investisseurs privés. Cette tentative a été perçue comme une trahison par les associations membres, car elle aurait hypothéqué l’avenir du football pour des gains financiers immédiats. L’UEFA a dénoncé cette approche, affirmant que les intérêts des clubs, des joueurs et des supporters ne pouvaient être sacrifiés pour des dividendes.

Montagliani candidat surprenant

Victor Montagliani, président canadien de la CONCACAF (qui regroupe 35 fédérations d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes), est considéré par certains comme un possible successeur d’Infantino à la tête de la FIFA. Pourtant, son parcours soulève des questions. Entre 2012 et 2016, alors qu’il était président de Canada Soccer, il a cédé pour 20 ans les droits commerciaux et télévisuels des équipes nationales, du Championnat canadien et des programmes de développement à une entité privée, Canadian Soccer Business (CSB), en échange de seulement 3 à 4 millions de dollars par an. Cette décision a plongé la fédération canadienne dans une crise financière, l’empêchant même de payer les salaires des joueurs et joueuses des équipes nationales.

Dérives de Montagliani

Victor Montagliani a été critiqué pour avoir agi en coulisses et sacrifié les intérêts de Canada Soccer au profit d’une entité privée. Les droits cédés incluaient ceux liés à la Coupe du monde 2026, un événement qui devait générer d’énormes revenus pour la fédération. Les dirigeants de Canada Soccer ont révélé n’avoir jamais été consultés pour valider cette transaction. Montagliani a aussi été pointé du doigt pour ses liens avec des figures controversées du football, comme Jeffrey Webb, ancien président de la CONCACAF condamné pour corruption, et Jérôme Valcke, secrétaire général de la FIFA emprisonné pour pots-de-vin. Ces associations ont alimenté les soupçons sur son intégrité.

CONCACAF, confédération à problèmes

La CONCACAF, dont Montagliani est le président, est considérée comme la confédération la plus problématique de la FIFA. Quatre de ses anciens présidents ont été arrêtés, emprisonnés ou bannis pour corruption : Jack Warner, Lisle Austin, Alfredo Hawit et Jeffrey Webb. En 2023, un rapport de 71 pages remis à la Chambre des communes du Canada a dressé un portrait sombre du soccer canadien, soulignant les liens de Montagliani avec des personnalités impliquées dans des affaires de fraude et de crime organisé. Ce contexte rend son éventuelle candidature à la présidence de la FIFA encore plus surprenante.

Ce que ça pourrait changer

Les fédérations membres de la FIFA ont jusqu’au 18 novembre 2026 pour proposer un candidat à la présidence, qui sera élu le 18 mars 2027. Une quarantaine d’associations nationales pourraient cependant demander l’organisation d’un congrès d’urgence pour écarter Infantino plus rapidement. La pression est forte pour que la FIFA se dote d’un nouveau dirigeant capable de restaurer sa crédibilité, après des années de scandales et de pratiques opaques. Les réformes demandées par l’UEFA, comme la séparation entre l’administration et les élus, pourraient devenir des critères essentiels pour le choix du successeur.

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