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Géopolitique

Du nouveau sur le peuplement des îles du Pacifique

Courrier International · mis à jour il y a 2 j

Une étude mise à l’honneur en une de “Science” suggère que le peuplement des îles du Pacifique a suivi un schéma répétitif. L’analyse génétique des populations polynésiennes montre un système de type “poupées gigognes”..

Étude génétique clé

Une étude publiée dans la revue Science le 8 octobre 2026, considérée comme majeure, révèle de nouvelles informations sur le peuplement des îles du Pacifique. Les chercheurs ont analysé le génome de 1 050 personnes issues de populations polynésiennes, couvrant un vaste territoire délimité par la Nouvelle-Zélande, l’île de Pâques et Hawaï. Cette analyse génétique a permis de reconstituer les mouvements migratoires des ancêtres des Polynésiens actuels. Le terme goulet d’étranglement démographique désigne ici une réduction brutale du nombre d’individus dans une population, souvent causée par une migration vers une nouvelle île. Ce phénomène entraîne une diminution de la diversité génétique, ce qui a été observé de manière répétée chez les Polynésiens au fil de leurs déplacements.

Schéma en poupées gigognes

L’étude montre que le peuplement des îles du Pacifique a suivi un schéma répétitif, comparé à des poupées gigognes : un petit groupe d’individus quittait une île déjà peuplée pour en coloniser une nouvelle, puis un sous-groupe de ce nouveau groupe partait à son tour vers une autre île, et ainsi de suite. Ce processus a été qualifié d’effet fondateur, où chaque nouvelle migration réduit encore davantage la diversité génétique des populations. Les chercheurs soulignent que cet effet a été plus marqué chez les Polynésiens que chez d’autres populations fondatrices, comme les Finlandais, en raison de l’isolement géographique des îles et de la répétition des migrations.

Origine de Mangareva

Contrairement aux théories précédentes qui plaçaient les îles Marquises comme point de départ des migrations polynésiennes, cette étude suggère que l’île de Mangareva, située dans l’archipel des Gambier en Polynésie française, aurait été le berceau des populations ayant ensuite colonisé d’autres îles comme Rapa Nui (l’île de Pâques) et Hawaï. Malgré la distance géographique entre ces îles, les populations qui y vivent aujourd’hui présentent une grande proximité génétique, confirmant ce lien. Le choix de Mangareva comme origine s’appuie sur des analyses génétiques détaillées et des comparaisons avec d’autres populations polynésiennes.

Navigation et symbolique

La couverture de l’édition de Science du 8 octobre 2026 utilise des éléments symboliques pour illustrer ces découvertes. Le volcan représenté fait référence à la nature volcanique des îles polynésiennes, tandis que les étoiles stylisées forment la constellation du Scorpion, connue sous le nom de Manaiakalani ou hameçon de Maui à Hawaï. Ce nom fait référence à un outil mythologique utilisé par les anciens navigateurs polynésiens pour se repérer dans l’océan Pacifique. Le mot Mangareva, inscrit au pied du volcan, souligne l’importance de cette île dans l’histoire du peuplement polynésien.

Ce que ça pourrait changer

Cette étude apporte un éclairage nouveau sur les mécanismes de peuplement des îles du Pacifique, un sujet encore partiellement mystérieux. Elle confirme l’importance des migrations successives et de l’adaptation à des environnements isolés dans la formation des populations polynésiennes. Les chercheurs, dont Cole Shanks et ses collègues, ont également observé que l’*effet fondateur* s’est accentué au fil des migrations, ce qui a pu influencer la diversité culturelle et génétique de ces sociétés. Ces travaux s’appuient sur des méthodes génétiques avancées et des comparaisons avec d’autres populations, offrant une vision plus précise de l’histoire humaine dans cette région du monde.

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