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La mémoire des vaincus : histoires intimes de la guerre d'Espagne 12/25 : La Mascotte de la Colonne du Rosal

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 16 j

Parmi les voix qui portent la mémoire de l’Espagne républicaine, celle de Francisca "Paquita" Merchan Tejero, disparue en 2010, résonne avec une force particulière. En 2004, pour la série sur la mémoire des vaincus, elle raconte son parcours de militante antifranquiste..

Qui était Paquita Merchan

Francisca "Paquita" Merchan Tejero (1920-2010) était une militante anarchiste espagnole engagée dès l'âge de 16 ans dans la guerre civile espagnole (1936-1939). Membre de la CNT (Confédération nationale du travail), une organisation syndicale anarchiste, elle a combattu aux côtés des républicains contre les forces franquistes. En 2004, elle a partagé son témoignage dans un podcast de France Culture, évoquant son parcours de résistante et son engagement politique. Après la guerre, elle a été emprisonnée pendant plus de trois ans par le régime franquiste avant de s'exiler en France en 1948. Elle y a poursuivi son militantisme en faveur de la mémoire des vaincus de la guerre et contre la dictature franquiste, devenant présidente d'honneur de la Fédération des associations et centres d'émigrants espagnols en France.

La Colonne du Rosal

La Colonne du Rosal était une unité militaire républicaine composée principalement de miliciens anarchistes, dont Paquita Merchan. Ces colonnes, formées spontanément par des civils et des militants, ont joué un rôle clé dans les premiers mois de la guerre civile espagnole (juillet 1936). Elles étaient souvent organisées par des syndicats ou des partis politiques, comme la CNT, et opéraient en dehors de l'armée régulière. La Colonne du Rosal était active dans la région de la Sierra de Gredos, au nord de Madrid, où elle a mené des combats contre les forces franquistes. Ces unités étaient caractérisées par leur organisation informelle et leur engagement idéologique fort, souvent inspiré par l'anarchisme ou le communisme.

Le surnom de mascotte

Paquita Merchan a été surnommée "la mascotte" de la Colonne du Rosal parce qu'elle était la seule femme parmi ses membres. Ce surnom reflète à la fois son statut d'exception dans un environnement majoritairement masculin et l'insouciance relative de sa jeunesse : elle n'avait que 16 ans lorsqu'elle a rejoint les combats. Dans son témoignage, elle décrit avec une certaine nostalgie les premiers temps de la guerre, où les miliciens, comme des enfants jouant à la guerre, tiraient sans toujours savoir où ni pourquoi. Ce surnom souligne aussi le rôle symbolique qu'elle a pu jouer pour les autres combattants, incarnant à la fois l'espoir et l'innocence face à la brutalité du conflit.

La défaite et l'emprisonnement

En mars 1939, la guerre civile espagnole s'est terminée par la victoire des forces franquistes. Comme des milliers d'autres républicains, Paquita Merchan a tenté de fuir l'Espagne en se rendant au port d'Alicante, espérant trouver un bateau pour quitter le pays. Cet espoir s'est brisé : les franquistes ont capturé les réfugiés, et elle a été emprisonnée pendant plus de trois ans. Son engagement politique lui a valu cette répression, typique du régime franquiste qui a systématiquement persécuté les opposants. Dans son témoignage, elle évoque à la fois les moments douloureux de cette période et les souvenirs d'exaltation liés à son combat pour la liberté.

Ce que ça pourrait changer

En 1948, Paquita Merchan a quitté l'Espagne pour s'installer en France, où elle a vécu en banlieue parisienne. Cet exil était à la fois une fuite et un nouveau départ : elle a continué à militer contre le régime franquiste et à défendre la mémoire des vaincus de la guerre civile. En France, elle est devenue une figure importante de la communauté des exilés espagnols, occupant le poste de présidente d'honneur de la Fédération des associations et centres d'émigrants espagnols en France. Son engagement a permis de préserver la mémoire des combats menés par les républicains et les anarchistes, tout en luttant pour la liberté et la justice sociale.

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