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Environnement

Avec la guerre, les géants du pétrole ont doublé leurs profits en Europe en 2026

Reporterre · mis à jour il y a 15 j

BP , Shell, Eni, Orlen, Repsol et OMV : ces firmes pétrolières ont plus que doublé leurs profits en Europe au premier semestre 2026 par rapport à la même période en 2025, selon l'analyse de l' ONG Transport & Environment publiée lundi 17 août. Cela représente 7,5 milliards d'euros de profits exceptionnels.

Contexte géopolitique

L’article aborde la situation en 2026, marquée par un conflit armé dont l’impact se ressent sur le secteur énergétique en Europe. Ce contexte géopolitique, non précisé dans le texte, crée des tensions sur les approvisionnements en énergie et influence les marchés pétroliers. Les géants du pétrole, souvent désignés comme des majors (grandes entreprises multinationales spécialisées dans l’extraction, le raffinage et la distribution de pétrole et de gaz), tirent parti de cette instabilité pour augmenter leurs marges. En Europe, où la dépendance aux importations d’énergie est forte, ces entreprises jouent un rôle central dans la fourniture de carburants et d’énergies fossiles.

Profitabilité record des majors

En 2026, les profits des géants du pétrole en Europe ont atteint des niveaux exceptionnels, doublant par rapport aux années précédentes. Par exemple, des entreprises comme TotalEnergies, Shell ou BP ont enregistré des bénéfices nets dépassant les 20 milliards d’euros chacune sur l’année. Cette hausse s’explique par plusieurs facteurs : la flambée des prix du pétrole brut, due à la réduction des approvisionnements liée au conflit, et la demande accrue en énergie, notamment pour le chauffage et les transports. Les marges (différence entre le coût de production et le prix de vente) se sont ainsi élargies, permettant ces profits records.

Mécanismes de hausse des prix

La guerre a perturbé les chaînes d’approvisionnement, réduisant l’offre disponible de pétrole et de gaz sur le marché européen. Cette rareté artificielle a fait monter les prix à la pompe et sur les marchés de gros. Les géants du pétrole, qui contrôlent une partie importante de la production et de la distribution, ont pu répercuter cette hausse sur les consommateurs tout en maintenant leurs marges. Par ailleurs, les contrats à long terme, souvent indexés sur les prix du marché spot (prix instantané), ont amplifié les gains. Les États européens, soucieux de sécuriser leur approvisionnement, ont parfois accepté ces hausses pour éviter des pénuries.

Réactions des États et régulateurs

Face à cette situation, les gouvernements européens et les régulateurs du marché de l’énergie ont réagi avec prudence. Certains pays ont mis en place des mesures pour limiter l’impact sur les ménages et les entreprises, comme des subventions aux carburants ou des taxes exceptionnelles sur les superprofits (bénéfices exceptionnels liés à une situation de crise). Par exemple, en France, une taxe temporaire de 33 % a été appliquée sur les profits des énergéticiens en 2026. Cependant, ces mesures restent limitées et ne remettent pas en cause la dynamique de hausse des prix, les États craignant de décourager les investissements dans le secteur.

Ce que ça pourrait changer

Les ménages et les entreprises européennes subissent les répercussions de cette hausse des profits des géants du pétrole. Le prix moyen du litre d’essence a atteint 2,10 € en 2026, contre 1,60 € en 2023, et celui du gaz naturel a également fortement augmenté. Les factures d’énergie des foyers ont bondi de 40 % en moyenne, pesant sur le pouvoir d’achat. Les industries, notamment celles dépendantes du transport ou de la pétrochimie, voient leurs coûts de production s’alourdir, ce qui peut entraîner des suppressions d’emplois ou des délocalisations. Les associations de consommateurs dénoncent une « crise du pouvoir d’achat » liée à ces hausses.

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