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Généraliste

Le PQ dénonce une psychiatre au Collège des médecins pour des propos jugés hostiles

Le Devoir · mis à jour il y a 3 j

Selon la Dre Marie-Ève Cotton, ces plaintes en déontologie constituent une «tentative d’intimidation»..

Contexte politique

L’article s’inscrit dans le cadre des élections québécoises de 2026, un scrutin où le Parti québécois (PQ), un parti politique souverainiste, joue un rôle central. Le PQ est dirigé par Paul St-Pierre Plamondon, son chef, et sa directrice générale est Génifère Legrand. Le parti est actuellement en opposition, mais prépare activement cette future élection. Le Québec, province canadienne, est un territoire où les débats sur l’indépendance et l’identité politique sont particulièrement vifs. Le PQ est connu pour ses positions sur la souveraineté du Québec et ses critiques envers les politiques fédérales canadiennes.

Plaintes contre une psychiatre

Le Parti québécois a déposé trois plaintes déontologiques contre la Dre Marie-Ève Cotton, une psychiatre québécoise, auprès du Collège des médecins du Québec. Ces plaintes visent ses publications sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook, où elle critique régulièrement le PQ, son chef et ses candidats. La plus récente plainte, déposée par Génifère Legrand, compte 106 pages, dont 90 pages d’annexes avec des captures d’écran des publications de la Dre Cotton. Deux autres plaintes ont été déposées par Isabelle Blais, candidate du PQ dans Maskinongé, et son conjoint Pierre-Luc Brillant, candidat dans Rosemont, ainsi que par une collègue de la Dre Cotton dont le nom est caviardé. Aucune de ces plaintes n’a été retenue par le Collège des médecins.

Accusations contre la psychiatre

Les plaintes reprochent à la Dre Cotton d’avoir dépassé les limites de la liberté d’expression professionnelle en associant le PQ et son chef à des figures controversées comme Donald Trump ou à des idéologies violentes, comme l’extrême droite. Par exemple, elle aurait lié les idées du PQ à la théorie du grand remplacement, un concept souvent associé à des discours haineux. Elle aurait également qualifié les échanges d’Isabelle Blais et Pierre-Luc Brillant de « festival de la maladie mentale », ce qui, selon eux, constitue un abus d’autorité professionnelle. Une autre plainte mentionne qu’elle aurait écrit que Paul St-Pierre Plamondon était « trop fragile et manque trop d’humilité pour être un chef d’État ».

Réponse de la psychiatre

La Dre Marie-Ève Cotton reconnaît avoir un style acerbe, mais elle affirme que ses propos sont toujours documentés par des faits. Elle se défend d’être « diagnostiquante » envers le PQ et souligne qu’elle a déjà critiqué d’autres sujets, comme les agresseurs sexuels ou la couverture médiatique du génocide palestinien, sans recevoir de plaintes. Elle explique que ses publications sur le PQ génèrent des commentaires haineux en retour, ce qui lui prend jusqu’à une heure de modération après chaque post. Elle considère les plaintes comme une « tentative d’intimidation » et s’inquiète de l’impact que pourrait avoir un gouvernement du PQ sur sa carrière professionnelle.

Décisions du Collège des médecins

Le Collège des médecins du Québec est l’ordre professionnel qui régit les médecins de la province. Il a rejeté toutes les plaintes déposées contre la Dre Cotton, estimant qu’aucun manquement déontologique n’avait été commis. Pour le Collège, les critiques de la psychiatre relèvent de la liberté d’expression et ont été publiées sur sa page Facebook personnelle, et non dans le cadre de sa pratique médicale. Le Collège rappelle que les déclarations publiques des médecins doivent être rigoureuses, modérées et professionnelles, mais il ne commente pas les plaintes pour des raisons de confidentialité.

Enjeux de liberté d'expression

Le professeur Patrick White, expert en médias à l’École des médias, souligne que les plaintes déposées contre la Dre Cotton pourraient représenter une stratégie d’intimidation politique. Selon lui, cibler un ordre professionnel comme le Collège des médecins pour faire taire des critiques est « extrêmement problématique dans une société démocratique ». Il rappelle que la liberté d’expression est un pilier essentiel, surtout dans un contexte de débat politique intense, comme celui entourant la souveraineté du Québec. Le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, a d’ailleurs défendu à plusieurs reprises la liberté d’expression, y compris pour des propos controversés tenus par l’un de ses candidats.

Ce que ça pourrait changer

Le PQ a confirmé que sa directrice générale, Génifère Legrand, a déposé une plainte contre la Dre Cotton, accusant cette dernière de s’en être prise au parti, à son chef et même à sa famille **« à plus d’une centaine de reprises et sur une base constante »**. Cependant, le parti a précisé qu’il **ne soutenait pas la plainte déposée par Isabelle Blais et Pierre-Luc Brillant**, sans fournir d’explication supplémentaire. Le PQ est un parti politique actif au Québec, connu pour ses positions souverainistes et son opposition aux politiques du gouvernement fédéral canadien. Son rôle dans ce dossier illustre les tensions entre **liberté d’expression** et **responsabilité professionnelle** dans l’espace public.

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