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GÉNÉRALISTE

Le PQ dénonce une psychiatre au Collège des médecins pour des propos jugés hostiles

Source unique·il y a 3 j

Le Parti québécois (PQ) multiplie les recours contre une psychiatre pour ses prises de position critiques sur les réseaux sociaux, une stratégie qui interroge les limites de la liberté d’expression des professionnels de santé dans l’espace public. Derrière ces plaintes déontologiques se profile une tension entre la défense de l’image d’une profession et l’exercice d’un débat politique, où la crédibilité des arguments se mesure désormais à l’aune de leur modération.

Quels reproches précis le PQ adresse-t-il à la Dre Marie-Ève Cotton dans ses plaintes au Collège des médecins ?

Le PQ, via sa directrice générale Génifère Legrand, lui reproche d’avoir associé le chef du parti Paul St-Pierre Plamondon à Donald Trump et les idées péquistes à l’extrême droite, tout en qualifiant ses publications de « ton accusatoire, polarisant et incompatible avec les standards d’un professionnel ». La plainte évoque aussi l’impact de ses propos sur la crédibilité de la profession médicale, bien que le Collège des médecins ait systématiquement rejeté ces demandes d’enquête pour absence de manquement déontologique.

Pourquoi les plaintes déposées par Isabelle Blais et Pierre-Luc Brillant diffèrent-elles de celle du PQ, et quel est leur argument central ?

Le couple de candidats péquistes reproche à la Dre Cotton d’avoir porté atteinte à leur réputation en les associant publiquement à la droite radicale et en qualifiant Pierre-Luc Brillant de « menteur éhonté ». Leur plainte souligne aussi l’usage par la psychiatre de termes comme « festival de la maladie mentale », qu’ils jugent abusif compte tenu de son statut professionnel. Contrairement à la plainte du PQ, celle-ci a été rejetée par le Collège des médecins, qui a estimé que ces critiques relevaient du débat politique et non de sa pratique médicale.

Comment la Dre Marie-Ève Cotton justifie-t-elle ses prises de position, et quelle est sa réaction face à ces plaintes ?

La psychiatre assume un « style acerbe » mais affirme que ses propos sont toujours « documentés par des faits », rejetant l’idée d’être « diagnostiquante » envers le PQ. Elle dénonce une tentative d’intimidation, s’interrogeant sur les motivations politiques derrière ces plaintes, notamment la crainte que le PQ n’utilise ces recours pour museler des critiques une fois au pouvoir. Elle souligne par ailleurs avoir reçu des centaines de commentaires haineux en réaction à ses publications sur le parti.

Quel rôle joue le Collège des médecins dans ce dossier, et quels principes encadrent les déclarations publiques des médecins ?

Le Collège des médecins a systématiquement rejeté les trois plaintes déposées contre la Dre Cotton, estimant qu’aucun manquement déontologique n’était avéré, notamment parce que ses critiques relevaient de son espace personnel et non de sa pratique professionnelle. Son guide sur « Le médecin, la publicité et les déclarations publiques » exige des déclarations rigoureuses, modérées et professionnelles, mais la psychiatre conteste l’idée que ces normes visent à protéger des partis politiques plutôt que le public.

Ce que ça pourrait changer

Ces plaintes pourraient instaurer un précédent où les ordres professionnels deviennent des leviers de pression politique, risquant de dissuader les professionnels de santé de s’exprimer sur des sujets sociétaux par crainte de représailles. Elles soulèvent aussi la question de la frontière entre débat démocratique et déontologie médicale, dans un contexte où les réseaux sociaux brouillent les limites entre vie privée et engagement public. Enfin, cette affaire interroge la capacité des institutions à résister aux stratégies d’intimidation, surtout dans une période préélectorale où les tensions idéologiques sont exacerbées.

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