En difficulté, le journal équatorien “Expreso” accuse “la répression” du gouvernement
Procédures judiciaires, interventions administratives et effondrement des recettes publicitaires : le quotidien équatorien “Expreso” dénonce une offensive du pouvoir contre la liberté de la presse. La disparition de son édition papier ravive les inquiétudes sur l’indépendance des médias..
Le 9 octobre 2026, le quotidien équatorien Expreso, fondé en 1973, a annoncé la fin de son édition papier après cinquante-trois ans d'existence. Ce journal, basé à Guayaquil et l'un des principaux titres de la presse écrite en Équateur, a justifié cette décision par des difficultés financières et des pressions politiques. L'arrêt de l'édition papier s'accompagne d'un passage exclusif au numérique, marquant ainsi la disparition d'une tradition journalistique locale. Cette transition a suscité une vive émotion parmi les lecteurs, notamment les plus âgés, qui peinent à s'adapter à la consommation d'informations en ligne. Le groupe Granasa, propriétaire d'Expreso, a indiqué que cette évolution était contrainte par la répression de l'État, sans préciser davantage les raisons de cette pression.
Les dirigeants du groupe Granasa, éditeur d'Expreso, accusent le gouvernement du président équatorien Daniel Noboa d'exercer des pressions sur leur média. Ces allégations surviennent alors que le président est visé par plusieurs enquêtes menées par Expreso lui-même, ce qui pourrait expliquer les tensions entre le pouvoir et le journal. Les pressions évoquées incluent des procédures judiciaires, des interventions administratives et un effondrement des recettes publicitaires. Ces mesures, selon les responsables du média, viseraient à affaiblir Expreso et à limiter sa capacité à informer librement. Le gouvernement n'a pas encore réagi publiquement à ces accusations.
La fin de l'édition papier d'Expreso s'inscrit dans un contexte de difficultés économiques majeures pour le groupe Granasa. Le 13 octobre 2026, les dirigeants devaient décider de vendre certains de leurs actifs pour financer des licenciements, illustrant la précarité financière du groupe. Cette situation a été aggravée par la baisse des revenus publicitaires, un phénomène qui touche de nombreux médias à travers le monde. Le groupe a également évoqué la nécessité de s'adapter à un paysage médiatique en mutation, où les lecteurs se tournent de plus en plus vers les supports numériques. Malgré la suppression de l'édition papier, un autre titre du groupe, Extra, continuera à être publié sur papier.
La disparition de l'édition papier d'*Expreso* soulève des inquiétudes quant à l'indépendance des médias en Équateur. Le journal a affiché des messages forts sur ses bureaux, comme *« le journalisme est libre ou ce n'est qu'une mascarade »* ou *« sans journalisme libre, il n'y a pas de démocratie »*, reflétant les craintes d'une restriction croissante de la liberté de la presse dans le pays. Cette situation s'inscrit dans un contexte plus large où plusieurs médias équatoriens font face à des difficultés similaires, alimentant les débats sur la santé du pluralisme médiatique en Équateur. La liberté de la presse est un pilier essentiel des démocraties, garantissant que les citoyens puissent accéder à une information diversifiée et critique.

