Modern Love – sur DTF St. Louis de Steven Conrad
« On a toujours l’air normal depuis l’autre côté de la rue » : tout l’enjeu de DTF St. Louis tient dans cette réplique.
La série DTF St. Louis, créée par Steven Conrad, explore des thèmes comme la banlieue américaine, la crise de la cinquantaine, l'adultère et une enquête criminelle. Elle se distingue par son approche originale qui remplace la jalousie par l'amitié masculine et cherche à représenter un Tendre moderne, où les personnages cherchent un équilibre intérieur. La série est comparée à Rooster, une autre production HBO Max mettant en scène Steve Carell, qui aborde également la remise en question de la masculinité. Sortie en 2026, DTF St. Louis se déroule dans un quartier pavillonnaire banal de Saint-Louis, dans le Missouri, aux États-Unis.
Le style de DTF St. Louis repose sur des cadrages décentrés, des silences prolongés entre les répliques et une utilisation extrême du flou et des arrière-plans. Ces choix visuels, inspirés par David Lynch, créent une atmosphère de malaise et d'inadéquation entre les personnages et leur environnement. Les figurants sont rares, silencieux et semblent fantomatiques, renforçant l'impression d'une normalité trompeuse. La réplique « On a toujours l’air normal depuis l’autre côté de la rue » illustre cette idée : les apparences cachent souvent des tensions profondes. Le ton oscille entre réalisme et formalisme, évitant le piège du cringe (sensation de gêne ou de ridicule) pour privilégier une réflexion sur la condition humaine.
Les deux personnages centraux sont Clark Forrest, interprété par Jason Bateman, et Floyd, joué par David Harbour. Clark est un homme d'âge mûr vivant dans une banlieue américaine typique, père de famille, qui semble incarner une dépression latente. Floyd, son collègue et ami, est décrit comme un éternel adolescent vieilli prématurément, dont le jeu d'acteur de Harbour est salué pour sa précision et son amplitude. Leur relation évolue autour d'une garden-party (fête dans un jardin) où Floyd est retrouvé mort. Une relation extraconjugale entre la femme de Clark et Floyd devient rapidement un élément central de l'intrigue, bien que l'article ne précise pas si cette relation est avérée ou suspectée.
La série aborde plusieurs thèmes universels à travers le prisme de la banlieue américaine des années 2020. La crise de la cinquantaine est explorée à travers des personnages en quête de sens, confrontés à des choix de vie et à des remises en question. L'adultère et la jalousie, souvent traités de manière stéréotypée, sont détournés pour mettre en lumière des dynamiques plus subtiles, comme l'amitié masculine. L'enquête criminelle, bien que présente, sert de prétexte à une réflexion plus large sur la normalité, l'apparence et les non-dits. La série évite les clichés pour proposer une vision nuancée des relations humaines, où chacun cherche un soleil intérieur, c'est-à-dire une forme de paix ou d'épanouissement personnel.
La critique souligne que *DTF St. Louis* se distingue des autres séries traitant de sujets similaires, comme *Rooster* (HBO Max, 2026), en évitant les codes du genre pour proposer une approche plus fine et originale. Contrairement à des productions qui pourraient tomber dans le mélodrame ou la caricature, la série de Steven Conrad mise sur la subtilité et la complexité psychologique de ses personnages. Son originalité réside dans sa capacité à transformer des thèmes classiques en une réflexion sur la condition humaine, en utilisant des outils visuels et narratifs innovants. La comparaison avec David Lynch est fréquente, notamment pour son usage des silences et des cadrages décentrés, qui servent à créer une tension entre apparence et réalité.

