Espagne : les évacués regagnent leur domicile après la stabilisation de l’incendie mortel
Pour l'instant, les autorités maintiennent le bilan à 12 morts, dont une grande partie d'étrangers..
Un incendie d'une violence exceptionnelle a ravagé une zone boisée près d'Almería, en Andalousie (Espagne), faisant 12 morts. Les flammes, déclenchées jeudi 11 juillet 2026 par la chute d'un câble électrique le long d'une route, se sont propagées à une vitesse moyenne de 100 mètres par minute, un rythme particulièrement rapide pour un feu de forêt. Le sinistre a brûlé 7 000 hectares de terrain et atteint un périmètre de 40 kilomètres avant d'être stabilisé dimanche 14 juillet. La région, située en Méditerranée, est connue pour son climat chaud et sec, ce qui favorise les départs de feu, surtout en été. Les autorités espagnoles ont confirmé que l'incendie était désormais circonscrit et sans danger immédiat, permettant aux habitants évacués de regagner leur domicile. Parmi les victimes, une grande partie sont des étrangers, dont une Française officiellement portée disparue. Le bilan pourrait encore évoluer avec les résultats des autopsies et identifications en cours.
Environ 1 500 personnes avaient été évacuées en urgence lors de l'incendie, dont 600 ont pu rentrer chez elles dès la nuit de samedi à dimanche grâce à l'amélioration de la situation. Les autres ont été autorisés à regagner leur domicile dimanche après-midi, une fois l'incendie stabilisé. Les témoignages des habitants, comme celui de Lore Van Moll, une Belge de 33 ans, révèlent l'ampleur du choc ressenti face à la rapidité et à la violence des flammes. Les routes sont jonchées de voitures calcinées, et les maisons endommagées témoignent de l'intensité du sinistre. James Shellingford, un résident anglais de 60 ans, a exprimé son soulagement tout en soulignant la tristesse pour les victimes et les pertes matérielles. Les autorités ont insisté sur le caractère exceptionnel de cet incendie, bien plus grave que ceux survenus précédemment dans la région.
L'identification des 12 victimes, dont une majorité d'étrangers, s'avère particulièrement complexe pour les autorités espagnoles. Le Centre espagnol d'intégration des données a expliqué que le prélèvement d'échantillons ADN auprès des familles, souvent établies à l'étranger, ralentit le processus. Une Française, dont le mari a témoigné sur TF1, figure parmi les disparus. Elle aurait péri dans sa voiture en tentant de fuir les flammes qui avançaient à grande vitesse. Son mari, Jérôme Navarro, a décrit une scène terrifiante où, en quelques secondes, il s'est retrouvé entouré par une « boule de feu ». La Garde civile a lancé de nouvelles vérifications pour s'assurer qu'aucune victime potentielle n'a été oubliée. Le bilan définitif pourrait être ajusté après les autopsies et les analyses génétiques.
L'Espagne, en première ligne face au réchauffement climatique, subit des vagues de chaleur de plus en plus précoces et intenses. En 2025, plus de 393 000 hectares avaient déjà été ravagés par les incendies, un record historique selon le Système européen d'information sur les incendies de forêt (EFFIS). Les températures dépassent régulièrement 40 °C dès le printemps, créant des conditions idéales pour le déclenchement et la propagation des feux. Juan Manuel Moreno, président de la région Andalousie, a mis en garde contre un « été compliqué » et appelé à une vigilance accrue. Le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, devait se rendre sur place lundi 15 juillet pour évaluer la situation et coordonner les actions de prévention et de reconstruction. Ces incendies illustrent les défis posés par le changement climatique en Europe du Sud.
Les habitants de la région, comme James Shellingford, reconnaissent avoir toujours été conscients des risques d'incendie en vivant à la campagne, mais aucun feu n'avait atteint une telle gravité auparavant. Les carcasses de voitures et les maisons endommagées rappellent l'urgence de renforcer les mesures de prévention et de sensibilisation. Les autorités locales et nationales sont sous pression pour éviter une répétition de cette catastrophe, d'autant que l'Andalousie et l'Espagne restent exposées à des conditions météo de plus en plus extrêmes. Le retour des évacués marque une étape importante, mais le traumatisme et les pertes matérielles laissent des traces durables. Les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer l'étendue des dégâts et organiser les aides aux victimes.

