Contrat vendanges : le repos hebdomadaire peut être suspendu sous conditions
Un décret du 9 juillet 2024 a permis de suspendre le repos hebdomadaire dans le cadre du contrat vendanges..
Un contrat vendanges est un type de contrat à durée déterminée (CDD) spécifique au secteur viticole. Il permet d’embaucher des salariés pour une période limitée, généralement pendant la récolte des raisins, qui s’étale entre août et octobre en France. Ce contrat est encadré par le Code du travail et des conventions collectives propres à la viticulture, comme la Convention collective nationale des vins, cidres et jus de fruits. Contrairement à un CDD classique, il peut inclure des aménagements particuliers pour répondre aux besoins saisonniers des exploitations viticoles.
En France, le repos hebdomadaire est un droit fondamental pour les salariés, garantissant au moins un jour de repos par semaine, généralement le dimanche. Cependant, dans le cadre d’un contrat vendanges, ce repos peut être suspendu sous certaines conditions strictes. Cette suspension n’est pas automatique : elle doit être justifiée par des impératifs liés à la récolte, comme une météo favorable ou une maturité optimale des raisins. La suspension doit également être prévue dans le contrat de travail ou dans un accord d’entreprise ou de branche.
Pour suspendre le repos hebdomadaire, plusieurs conditions doivent être remplies. D’abord, la suspension ne peut intervenir que pour une durée limitée, liée à la période de vendanges. Ensuite, elle doit être compensée par des repos équivalents pris en dehors des périodes de récolte. Par exemple, un salarié pourrait récupérer un jour de repos supplémentaire après la fin des vendanges. Enfin, cette mesure doit être autorisée par un accord collectif ou, à défaut, par une déroge accordée par l’inspection du travail. Ces règles visent à éviter les abus et à protéger les droits des travailleurs.
L’inspection du travail joue un rôle clé dans le contrôle de ces suspensions. Elle peut vérifier que les conditions légales sont respectées, notamment l’absence de travail excessif ou de non-respect des droits des salariés. Si une entreprise ne respecte pas ces règles, elle s’expose à des sanctions, comme des amendes ou des redressements. Les salariés, quant à eux, peuvent contester une suspension abusive de leur repos hebdomadaire auprès des prud’hommes ou en saisissant l’inspection du travail.
Pour les viticulteurs, cette possibilité de suspendre le repos hebdomadaire est un outil précieux pour optimiser la récolte, surtout en cas de conditions climatiques imprévisibles. Elle permet de concentrer les efforts sur les périodes où les raisins sont à maturité idéale, évitant ainsi des pertes de qualité ou de quantité. Cependant, cette flexibilité s’accompagne d’obligations strictes pour garantir le bien-être des salariés. Les exploitations doivent donc bien évaluer leurs besoins et anticiper les compensations de repos pour rester en conformité avec la loi.

