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Droit

Gaza : sous les décombres, l’ONU redoute la disparition des preuves de possibles crimes de guerre

ONU : Droits humains · mis à jour il y a 5 j

Près de trois ans après le début de la guerre à Gaza, plus de 630 corps et restes humains ont été extraits des ruines de l’enclave palestinienne depuis le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas conclu en octobre 2025. Alors que plus de 8 000 personnes seraient encore ensevelies, l'ONU réclame l’accès d’enquêteurs internationaux..

Découverte macabre à Gaza

Depuis le début des opérations militaires israéliennes à Gaza en réponse aux attaques du 7 octobre 2023, des centaines de corps et de restes humains sont extraits des décombres des immeubles détruits. Pour l'ONU, ces découvertes révèlent un bilan humain encore largement inconnu et soulèvent des questions sur d'éventuels crimes de guerre. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Türk, a alerté sur la découverte de familles entières sous les ruines, évoquant des crimes de guerre et d'autres crimes atroces. Il craint que les dépouilles retrouvées ne représentent qu'une infime partie des victimes. Entre novembre 2025 et septembre 2026, plus de 630 corps et restes humains ont été exhumés, mais les autorités palestiniennes estiment que plus de 8 000 personnes restent ensevelies sous les décombres.

Enfants et femmes prioritaires

Parmi les dépouilles récupérées entre juin et août 2026, 233 corps ont été retrouvés sous vingt bâtiments détruits, principalement à Gaza-ville. Parmi eux figuraient 74 enfants et 106 femmes. En septembre 2026, 96 autres corps ont été extraits d'un site à Az Zeitoun, dont 58 enfants et 23 femmes. Ces opérations de déblaiement sont souvent réalisées à mains nues, faute de matériel adapté. Les autorités locales soulignent l'urgence de retrouver ces victimes, mais aussi de préserver les preuves permettant d'établir les circonstances de leur décès. Le Haut-Commissariat aux droits de l'homme (HCDH) insiste sur la nécessité de protéger ces éléments pour documenter d'éventuelles violations du droit international.

Destruction méthodique des preuves

L'ONU dénonce l'utilisation d'engins lourds et d'explosifs pour niveler des zones de Gaza, ce qui détruit les preuves potentielles de crimes de guerre. Selon Volker Türk, des bulldozers continuent de raser des secteurs où l'armée israélienne est déployée, sans respecter les dépouilles sous les décombres. Le HCDH demande l'accès à l'ensemble de la bande de Gaza pour permettre à des enquêteurs internationaux de collecter des preuves. Cependant, Israël refuse l'entrée de certains engins nécessaires au déblaiement, compliquant davantage les opérations. La destruction systématique des ruines menace la préservation des éléments médico-légaux essentiels à une enquête.

Accès interdit aux zones sensibles

Une grande partie de Gaza est désormais inaccessible aux habitants et aux équipes palestiniennes chargées de rechercher les disparus, en raison de la géographie militaire imposée dans l'enclave. Les secteurs situés au-delà de la ligne jaune, qui délimite les zones sous contrôle israélien, sont particulièrement concernés. Même lorsque des corps sont localisés, leur identification est difficile. Israël bloque l'entrée d'outils médico-légaux comme les kits d'analyse ADN ou d'empreintes digitales, obligeant les familles à identifier les restes à partir de caractéristiques physiques ou de suppositions. L'ONU exige que ces données soient préservées et que les lieux d'inhumation soient recensés pour permettre aux familles de connaître le sort de leurs proches.

Ce que ça pourrait changer

Le Haut-Commissaire Volker Türk exhorte les États à faire pression pour une coopération accrue afin de garantir la récupération des corps de manière digne et humaine. Il rappelle que le *droit international* impose à Israël de rechercher et localiser les personnes disparues, ainsi que de récupérer les dépouilles avec respect. Le HCDH souligne que le droit des familles à connaître la vérité sur le sort de leurs proches ne se limite pas à une identification ou à des funérailles dignes, mais inclut aussi la compréhension des circonstances de leur mort. Ces efforts s'inscrivent dans un contexte où la bande de Gaza a subi des destructions massives il y a trois ans, rendant la tâche de préservation des preuves encore plus complexe.

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