Le mode survie, “nouvelle normalité” en Israël depuis le 7 Octobre
Durant les trois dernières années, les Israéliens ont sans cesse navigué entre l’urgence et la banalité du quotidien. Mais la violence, les conflits à répétition, les déplacements et les incertitudes ont laissé des séquelles, certaines indélébiles, raconte le magazine “The Jerusalem Report”..
Le 7 octobre 2023, Israël a été frappé par une attaque sans précédent menée par le Hamas, un mouvement palestinien armé contrôlant la bande de Gaza. Trois ans plus tard, en octobre 2026, la vie en Israël semble avoir repris un rythme proche de la normale, mais avec des adaptations constantes. Les Israéliens ont repris leurs activités quotidiennes : travail, école, études, vie familiale, vacances ou même mariage. Cependant, cette normalité est qualifiée de nouvelle normalité, car elle intègre des contraintes liées à l'état de guerre récurrent. Par exemple, les réservistes, des soldats israéliens ayant une activité civile mais pouvant être rappelés à tout moment, doivent s'absenter régulièrement pour des missions militaires. Cette situation modifie profondément l'équilibre des foyers, comme celui de Sarah Yeger, une Israélienne de 30 ans vivant à Carmei Gat, une ville située à 20 kilomètres de la bande de Gaza.
Sarah Yeger, 30 ans, illustre les défis de cette nouvelle normalité. Mère de deux enfants, elle vit avec son mari, un réserviste israélien. Lors de sa première convocation en décembre 2023, elle était seule avec leur nouveau-né, sans aucun soutien familial, car sa famille réside aux États-Unis. Son mari a été rappelé pour plusieurs mois, laissant Sarah gérer seule la maison et l'éducation de leur enfant. Leur domicile, situé à Carmei Gat, était régulièrement secoué par les explosions liées aux combats, au point que les portes ne restaient pas fermées lors des détonations. Malgré ces conditions difficiles, Sarah a continué à travailler, a eu un second enfant et a fait face à de nouveaux rappels de son mari. Cette situation montre comment les familles israéliennes s'adaptent à un quotidien marqué par l'incertitude et les contraintes militaires.
Malgré les rappels fréquents des réservistes et la proximité des zones de conflit, les Israéliens continuent de construire leur vie. Sarah Yeger a pu reprendre son travail et agrandir sa famille, malgré les périodes de séparation imposées par les missions militaires de son mari. Son histoire reflète une tendance plus large en Israël, où les individus et les familles intègrent ces contraintes comme une partie de leur routine. Les écoles, les entreprises et les services publics fonctionnent, mais avec des ajustements constants pour tenir compte des alertes et des périodes de tension. Cette capacité à concilier vie quotidienne et contexte de guerre illustre la résilience d'une partie de la société israélienne, tout en soulignant les sacrifices personnels et familiaux consentis.
Carmei Gat, où vit Sarah Yeger, est une ville située dans le sud d'Israël, à environ 20 kilomètres de la bande de Gaza, une zone sous contrôle du Hamas depuis 2007. Cette proximité géographique expose régulièrement les habitants à des risques liés aux conflits armés, notamment les roquettes ou les bombardements. Le 7 octobre 2023 marque une escalade majeure dans le conflit israélo-palestinien, avec des attaques du Hamas contre Israël qui ont fait plus de 1 200 morts et 240 otages. Depuis, Israël mène des opérations militaires dans la bande de Gaza, entraînant des périodes de guerre intermittentes. Cette situation crée un environnement où la vie quotidienne est constamment influencée par les décisions politiques et militaires, tant en Israël qu'à Gaza.

