L’UE cherche désespérément un accord pour renouveler des sanctions contre la Russie
Le processus est bloqué par une demande de la France d’épargner l’oligarque Alicher Ousmanov..
L’Union européenne (UE) tente de renouveler un ensemble de sanctions économiques et politiques contre la Russie, imposées en réponse à son invasion de l’Ukraine. Ces sanctions visent environ 3000 individus et entités, comme des oligarques, des entreprises ou des responsables politiques, accusés de soutenir l’effort de guerre russe. Leur renouvellement est obligatoire tous les six mois, mais la date limite a déjà été repoussée une fois. Sans accord avant minuit dans la nuit de mardi à mercredi (22h GMT mardi), l’ensemble des sanctions serait automatiquement levé, ce qui affaiblirait considérablement la pression exercée sur Moscou. Pour éviter ce scénario, la présidence irlandaise de l’UE a proposé de prolonger ce délai exceptionnellement jusqu’à 36 mois au lieu de six, selon une source diplomatique.
Le processus de renouvellement des sanctions est actuellement bloqué par une demande spécifique de la France. Paris souhaite que l’oligarque Alicher Ousmanov, un milliardaire russo-ouzbek proche du Kremlin, soit retiré de la liste des personnes sanctionnées. La France invoque des raisons de sécurité nationale pour justifier cette exception, sans fournir d’explications supplémentaires. Cette position crée des tensions avec plusieurs pays européens, notamment les pays scandinaves et baltes, qui refusent catégoriquement toute modification de la liste. Selon des diplomates européens, Paris agirait dans le cadre d’un accord plus large impliquant la libération de prisonniers français détenus en Azerbaïdjan. La France affirme pourtant rester l’un des pays les plus engagés à renforcer la pression sur la Russie et à soutenir l’Ukraine.
La situation a provoqué des réactions vives, notamment de la part du président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui a alerté sur les dangers de lever les sanctions ou de protéger les oligarques russes. Les sanctions de l’UE contre ces personnalités consistent principalement en un gel de leurs avoirs financiers et une interdiction d’entrée dans l’espace européen. Parallèlement, le Luxembourg a demandé le retrait d’un autre oligarque russe, Mikhaïl Fridman, si la France obtenait gain de cause pour Ousmanov. Cette demande crée un effet domino et complique davantage les négociations. Les pays opposés à ces exemptions craignent qu’elles ne créent un dangereux précédent, affaiblissant la crédibilité des sanctions européennes à long terme.
Pour éviter l’échec des négociations, une réunion des représentants des 27 pays membres de l’UE s’est tenue lundi matin à Bruxelles, suivie d’une nouvelle session l’après-midi. La présidence irlandaise, qui assure temporairement la direction de l’UE, a fixé le début de cette dernière réunion à 14h (12h GMT). L’objectif est de trouver un compromis avant la date butoir de minuit (22h GMT) dans la nuit de mardi à mercredi. En cas d’échec, l’ensemble des sanctions serait levé, ce qui marquerait un recul majeur dans la stratégie européenne contre la Russie. Les discussions restent tendues, mais les diplomates européens espèrent encore parvenir à un accord avant l’échéance.

