L’UE cherche désespérément un accord pour renouveler des sanctions contre la Russie
Alors que l’Union européenne tente de renouveler son régime de sanctions contre la Russie, une divergence majeure entre États membres menace de faire s’effondrer un front pourtant solide depuis 2022. La position française, qui exige l’exclusion de l’oligarque Alicher Ousmanov, révèle les tensions entre impératifs géopolitiques et calculs diplomatiques, au risque de fragiliser la cohésion européenne face à Moscou.
Pourquoi le renouvellement des sanctions contre la Russie est-il bloqué à l’UE ?
Le processus est paralysé par une demande française visant à exclure l’oligarque Alicher Ousmanov de la liste des personnalités sanctionnées, invoquant des raisons de sécurité nationale sans préciser leur nature. Cette position, qui s’ajoute à une autre demande (celle du Luxembourg concernant Mikhaïl Fridman), crée un désaccord persistant entre les 27 États membres.
Quels sont les enjeux immédiats liés à l’échec d’un accord sur les sanctions ?
Sans renouvellement avant minuit dans la nuit de mardi à mercredi, l’ensemble des 3000 sanctions contre des individus et entités russes serait levé, privant l’UE d’un outil clé de pression sur Moscou. La présidence irlandaise a proposé une extension exceptionnelle du délai à 36 mois pour éviter cette issue, mais les divisions persistent.
Quels liens pourraient expliquer la position française sur Ousmanov ?
Selon le Financial Times, Paris exercerait une pression concomitante dans le cadre d’un accord de libération de prisonniers français détenus en Azerbaïdjan, suggérant un échange de faveurs diplomatiques. Cette hypothèse, non confirmée officiellement, ajoute une dimension transactionnelle à une décision présentée comme stratégique.
Ce que ça pourrait changer
Un blocage prolongé pourrait affaiblir la crédibilité de l’UE en matière de sanctions, encourageant Moscou à tester la résilience occidentale. Il risquerait aussi de diviser les États membres sur la ligne à adopter face à la guerre en Ukraine, alors que l’unité européenne était jusqu’ici un pilier de la réponse à l’invasion russe. La France, en misant sur des concessions ciblées, pourrait en définitive isoler sa position plutôt que de faire plier ses partenaires.

