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Géopolitique

Au Liberia, le président Boakai malmené après une importante saisie de drogue

Courrier International · mis à jour il y a 22 j

Après la saisie d’une cargaison de plus de 200 kilos de cocaïne, l’opposition libérienne accuse le gouvernement de dissimulation d’informations et appelle à une enquête internationale indépendante. Les autorités sont soupçonnées de corruption, et de tenter de protéger de hauts responsables impliqués dans le trafic de drogue..

Saisie record de drogue

Le 8 juin 2026, six conteneurs prêts à être exportés par la compagnie Brussels Airlines depuis l’aéroport international de Monrovia-Roberts, au Liberia, ont attiré l’attention des agents de sécurité. À l’intérieur, ils ont découvert 198 plaques de cocaïne, représentant un total de 237,6 kilogrammes. Cette saisie, d’une valeur estimée à 19 millions de dollars (soit 16,6 millions d’euros), est présentée par l’Agence libérienne de lutte contre la drogue comme l’une des plus importantes interceptions de stupéfiants des dernières années. Elle met en lumière le rôle du Liberia, souvent suspecté d’être un pays de transit majeur pour le trafic de cocaïne en Afrique de l’Ouest. La cocaïne est une drogue illicite puissante, issue des feuilles de coca, dont la consommation et le trafic sont strictement interdits dans la plupart des pays, y compris au Liberia.

Réactions officielles critiquées

L’Agence libérienne de lutte contre la drogue a salué cette saisie en affirmant qu’elle « témoigne de l’efficacité des réformes en cours ». Cependant, cette déclaration a suscité une vive polémique dans le pays. Plusieurs observateurs et médias, dont l’ONG Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP), soulignent un manque de transparence dans la gestion de l’enquête. Les premières inculpations ont en effet tardé à être prononcées, alimentant les suspicions selon lesquelles des personnalités politiques de haut rang pourraient être protégées. L’OCCRP est une organisation américaine qui soutient le journalisme d’investigation, notamment sur les questions de corruption et de criminalité organisée. Au Liberia, cette affaire a provoqué une « indignation générale », reflétant une défiance croissante envers les autorités et leur gestion des trafics de drogue.

Ce que ça pourrait changer

Cette affaire survient dans un Liberia déjà fragilisé par des soupçons récurrents de corruption et de complicité avec les réseaux criminels. Le président libérien, Joseph Boakai, est directement visé par les accusations de manipulation de l’enquête pour protéger des proches ou des alliés politiques. Ces allégations s’ajoutent à une défiance politique déjà marquée dans le pays. Joseph Boakai, en fonction depuis début 2024, doit faire face à une crise de confiance qui pourrait affaiblir sa légitimité et compliquer la mise en œuvre de réformes. Le Liberia, petit pays d’Afrique de l’Ouest, est régulièrement pointé du doigt pour son rôle dans le trafic de cocaïne vers l’Europe, en raison de sa position géographique et de ses infrastructures aéroportuaires.

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