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Pour tripler le rendement des récoltes de riz, des chercheurs chinois et américains y ont implanté un gène humain lié à… l'obésité

Science & Vie · mis à jour il y a 24 j

En insérant dans du riz et des pommes de terre un gène humain lié à l'obésité, des chercheurs ont obtenu 50 % de rendement en plus en plein champ et trois fois plus en laboratoire..

Riz génétiquement modifié

Des chercheurs chinois et américains ont modifié génétiquement une variété de riz en y intégrant un gène humain, le FTO, initialement lié à l’obésité chez l’humain. Ce gène est responsable de la régulation de la prise de poids en influençant le stockage des graisses et le métabolisme énergétique. Dans le cadre de cette expérience, les scientifiques ont transplanté ce gène dans des plants de riz pour en étudier les effets sur la croissance et le rendement. L’objectif était d’améliorer la productivité agricole, un enjeu majeur face à l’augmentation de la population mondiale et aux défis climatiques qui menacent les récoltes.

Triplement du rendement

Les résultats de l’expérience ont dépassé les attentes : le rendement des récoltes de riz génétiquement modifié a été multiplié par trois par rapport à une variété classique. Cette augmentation significative pourrait avoir un impact considérable sur la sécurité alimentaire, notamment dans les régions où le riz est une culture de base. Les chercheurs estiment que cette innovation pourrait contribuer à nourrir des millions de personnes supplémentaires sans étendre les surfaces cultivables, ce qui est crucial dans un contexte de pression foncière et de raréfaction des ressources.

Mécanisme d'action

Le gène FTO agit en modifiant l’expression de certains gènes végétaux liés à la photosynthèse et à la répartition des ressources énergétiques dans la plante. Chez l’humain, ce gène favorise le stockage des graisses, mais dans le riz, il semble stimuler la production de biomasse et de grains. Les scientifiques expliquent que ce gène active des voies métaboliques qui améliorent l’efficacité de la plante à convertir la lumière solaire en énergie utilisable pour sa croissance. Ce mécanisme reste encore partiellement compris et fait l’objet de recherches approfondies.

Enjeux éthiques

L’utilisation d’un gène humain dans une plante soulève des questions éthiques et sociétales. Certains critiques s’interrogent sur les risques potentiels pour la santé humaine liés à la consommation de riz modifié contenant un gène associé à l’obésité. D’autres s’inquiètent des conséquences imprévues sur l’écosystème ou la biodiversité. Les chercheurs insistent cependant sur le fait que le riz modifié a subi des tests rigoureux pour garantir sa sécurité avant toute commercialisation ou distribution. Ces débats reflètent les tensions récurrentes autour des organismes génétiquement modifiés (OGM).

Ce que ça pourrait changer

Cette avancée ouvre la voie à de nouvelles applications de la biotechnologie dans l’agriculture. Les scientifiques envisagent d’appliquer des techniques similaires à d’autres cultures essentielles comme le blé ou le maïs, afin d’améliorer leur rendement et leur résistance aux conditions climatiques extrêmes. À plus long terme, ces innovations pourraient jouer un rôle clé dans la lutte contre la faim dans le monde. Cependant, leur adoption massive dépendra des réglementations en vigueur et de l’acceptation par les consommateurs, souvent méfiants envers les OGM.

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