Le nouveau président colombien promet de combattre « sans répit le narcoterrorisme »
L'avocat millionnaire nouvellement élu est un allié du président américain, Donald Trump..
Abelardo de la Espriella, un avocat millionnaire de 48 ans, a pris ses fonctions de président de la Colombie le 7 août 2026. Il succède à Gustavo Petro, premier président de gauche de l'histoire du pays, pour un mandat de quatre ans. De la Espriella, qui possède également la nationalité américaine et est allié au président américain Donald Trump, représente une droite dure. Contrairement à la tradition, il a prêté serment non pas à Bogota, la capitale, mais à Cali, une ville du sud-ouest du pays marquée par des violences récentes. Son élection marque un tournant politique, avec un recentrage des relations entre la Colombie et les États-Unis et l'abandon des négociations de paix menées par son prédécesseur.
Lors de son discours d'investiture, Abelardo de la Espriella a promis de combattre « sans répit le narcoterrorisme », un terme désignant les groupes armés qui combinent trafic de drogue et actions violentes. Il a annoncé son intention d'éradiquer les plantations de coca, une plante utilisée pour fabriquer la cocaïne, dont la Colombie est le premier producteur mondial. Il a également promis de rétablir l'ordre et l'autorité de l'État en utilisant la force si nécessaire, offrant deux options aux groupes illégaux : se soumettre à la loi ou affronter la puissance militaire colombienne. Pour financer ses projets, il prévoit de baisser les impôts pour les plus riches et de geler les dépenses publiques. Il souhaite aussi promouvoir une bataille culturelle pour restaurer les valeurs traditionnelles, comme la famille.
Cali, où a eu lieu la cérémonie d'investiture, est la troisième ville de Colombie et se situe près de territoires contrôlés par des groupes armés. Ces groupes sont responsables de la pire vague de violence que le pays ait connue depuis une décennie. Pour assurer la sécurité lors de l'événement, 11 000 militaires ont été déployés, et un système antidrone a été mis en place pour protéger les invités. Parmi eux figuraient des dirigeants de droite latino-américains, des représentants de la Maison-Blanche, dont le procureur général des États-Unis, ainsi que le roi d'Espagne, Felipe VI. Gustavo Petro, l'ancien président, a quitté la résidence présidentielle le même jour et n'a pas assisté à la cérémonie.
Abelardo de la Espriella a annoncé que son premier acte de gouvernement serait de rejoindre le Bouclier des Amériques, une alliance dirigée par les États-Unis pour lutter contre le narcotrafic. Le département d'État américain a réagi en annonçant une aide d'un milliard de dollars pour soutenir les politiques de sécurité et l'économie colombiennes. Cette coopération vise à garantir la sécurité et la prospérité des deux pays. Le nouveau président a également évoqué des partenariats militaires avec Israël et les États-Unis pour intensifier les bombardements contre les camps de guérilla et construire des mégaprisons, sur le modèle de celles du Salvador, afin de lutter contre la criminalité.
Abelardo de la Espriella hérite d'une situation complexe : les forces armées colombiennes manquent de personnel et d'équipements, ce qui limite leur capacité à mener des opérations militaires à grande échelle. Renata Segura, experte de l'*International Crisis Group*, craint que l'usage de la force ne provoque des dommages collatéraux touchant des civils, surtout dans des zones où les groupes armés sont profondément enracinés. Julian Martinez, un avocat et ancien militaire de Cali, estime que les actions du nouveau président pourraient être perçues comme une provocation par les groupes armés, risquant d'envenimer les tensions. Enfin, le nouveau président ne dispose pas d'une majorité au Parlement, ce qui pourrait compliquer la mise en œuvre de ses réformes.

