La justice hongroise perquisitionne le parti de Viktor Orbán pour soupçons de corruption
Des fonds destinés à la culture pourraient avoir été détournés par le parti de l'ex-premier ministre..
Des enquêteurs hongrois ont mené une perquisition surprise dans les locaux hébergeant les serveurs et les données de communication du Fidesz, le parti politique de l'ancien premier ministre Viktor Orbán, dans le cadre d'une enquête pour soupçons de corruption. Cette opération a été ordonnée par le bureau du procureur aux poursuites criminelles et pénales de la région de Bács-Kiskun, située dans le sud de la Hongrie. L'enquête porte spécifiquement sur le Fonds national de la culture (NKA), un organisme public hongrois, et vise des accusations de détournement de fonds publics ainsi que d'autres infractions pénales. Le Fidesz a dénoncé cette action comme une atteinte à la démocratie, qualifiant la situation de tyrannie et de niveau inédit depuis la fin du communisme en 1990. Aucune information supplémentaire n'a été communiquée par les autorités pour ne pas nuire à l'enquête en cours.
Cette perquisition survient dans un contexte politique marqué par la défaite électorale de Viktor Orbán en avril 2024 face à Péter Magyar, un nouveau premier ministre conservateur et pro-européen. Depuis son arrivée au pouvoir, Péter Magyar a engagé une série de réformes pour démanteler le régime illibéral instauré par Orbán, qu'il accuse d'avoir favorisé une corruption endémique en Hongrie. Parmi ses mesures, il a fait adopter une loi anticorruption et une autre pour démanteler le Bureau de protection de la souveraineté, une institution controversée accusée de cibler les opposants politiques. Il a également limité à deux le nombre de mandats pour un premier ministre, une règle qui empêcherait théoriquement le retour d'Orbán au pouvoir.
L'enquête sur le Fonds national de la culture (NKA) révèle des soupçons de détournement de fonds publics à grande échelle. Selon l'administration fiscale hongroise, la direction du NKA aurait accordé 1 079 subventions totalisant plus de 17 milliards de forints (soit environ 75 millions de dollars canadiens) en violation des règles établies. Ces fonds étaient destinés à soutenir des projets culturels, mais des soupçons pèsent sur leur utilisation à des fins politiques. Par exemple, un musicien aurait obtenu 500 millions de forints (soit environ 2,2 millions de dollars canadiens) pour mener une campagne en faveur du Fidesz avant les élections. Six personnes, dont Balázs Bús, un ancien vice-président du NKA et membre du Fidesz, ont déjà été mises en examen et placées en détention dans ce dossier.
Depuis son élection, Péter Magyar a lancé plusieurs réformes pour restaurer la transparence et limiter l'influence du Fidesz sur les institutions hongroises. Il a notamment fait adopter un amendement constitutionnel limitant à trois le nombre de mandats pour les députés, ce qui empêcherait plusieurs figures du Fidesz de se représenter en 2030. Il a également écarté le président Tamás Sulyok, un proche d'Orbán, et a commencé à restructurer les médias publics en retirant les journaux télévisés en attendant la nomination d'une nouvelle direction indépendante. Ces mesures visent à rompre avec le système mis en place par Orbán, qui avait verrouillé les institutions hongroises en faveur de son parti pendant 16 ans.
Le *Fidesz* a réagi avec fermeté à la perquisition, dénonçant une *menace politique* et une *menace juridique* sans précédent. Le parti a affirmé qu'il ne céderait ni aux pressions ni aux accusations, tout en critiquant la nouvelle direction politique pour ses actions jugées *illégitimes*. De son côté, **Péter Magyar** a fait de la lutte contre la corruption un pilier de sa campagne et de sa politique depuis son arrivée au pouvoir. Cette affaire illustre les tensions persistantes entre l'ancien régime d'Orbán et la nouvelle majorité, ainsi que les défis auxquels fait face **Péter Magyar** pour réformer un système profondément ancré. Les prochains mois seront cruciaux pour évaluer l'impact de ces réformes sur la gouvernance hongroise.

