Une « alliance » se dessine entre le PQ et les conservateurs, selon Fréchette
Le chef du PQ s'en défend et critique la « campagne de plus en plus négative » que mène la CAQ..
Christine Fréchette, cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ), affirme observer une convergence entre le Parti québécois (PQ) et le Parti conservateur du Québec (PCQ) sur plusieurs points. Selon elle, les deux partis partagent des orientations similaires en matière de politique budgétaire, de natalité et d’opposition au projet de train à grande vitesse (TGV) entre Québec et Toronto. Fréchette évoque une approche plus conservatrice au sein du PQ, dirigée par Paul St-Pierre Plamondon, comparée aux années précédentes. Elle suggère que cette alliance pourrait se concrétiser par un gouvernement de coalition si le PQ forme un gouvernement minoritaire. Cependant, elle souligne que cette convergence pourrait ne pas faire l’unanimité au sein du PQ, notamment en raison des politiques d’austérité promises par les deux partis, qui pourraient entraîner des fermetures et des mises à pied dans les secteurs de la santé et de l’éducation.
Le PQ et le PCQ ont tous deux dévoilé des mesures visant à augmenter le taux de natalité au Québec. Le PQ propose une bonification du régime d’assurance parentale et une augmentation des places en centres de la petite enfance (CPE), tandis que le PCQ mise sur des chèques pour encourager les familles à rester à la maison. Ces propositions, bien que différentes dans leur approche, visent un objectif commun : soutenir les familles québécoises. Fréchette critique ces politiques en soulignant qu’elles s’inscrivent dans une logique d’austérité, avec des coupes budgétaires qui pourraient affecter les services publics essentiels comme la santé et l’éducation.
Le PQ et le PCQ s’opposent tous deux au projet de train à grande vitesse (TGV) entre Québec et Toronto, un projet soutenu par Québec solidaire (QS). De plus, ces deux partis partagent un intérêt pour la relance de l’exploitation du gaz de schiste au Québec, une position qui les rapproche également de la CAQ. Cette convergence sur des enjeux économiques et infrastructurels pourrait renforcer leur collaboration potentielle. Cependant, ces positions contrastent avec celles d’autres partis, comme QS, qui soutiennent des alternatives écologiques ou des projets comme le TGV.
Québec solidaire (QS) et le Parti libéral du Québec (PLQ) ont également réagi aux rapprochements entre le PQ et le PCQ. Ruba Ghazal, co-porte-parole de QS, a évoqué une « bromance » entre les chefs des deux partis, soulignant une tendance à glisser vers la droite dans leurs positions. Charles Milliard, chef libéral, a quant à lui critiqué cette dynamique, affirmant que la « bromance » entre la CAQ et les Québécois était terminée. Paul St-Pierre Plamondon, chef du PQ, rejette ces accusations, affirmant que les deux partis sont très différents sur des questions comme l’immigration, la langue française et les politiques sociales.
Éric Duhaime, chef du PCQ, a réagi aux critiques de Fréchette en déclarant que son parti était prêt à collaborer avec d’autres formations politiques si leurs propositions étaient bénéfiques pour le Québec. Il a mentionné la possibilité de travailler avec le PLQ pour réduire l’impôt des sociétés, avec le PQ pour rationaliser les dépenses de l’État, ou même avec QS pour abolir la taxe sur les biens usagés. Duhaime a insisté sur le fait que son parti évaluerait chaque idée en fonction de son utilité pour les Québécois, indépendamment de son origine politique.

